Communes mixtes d'Algérie. Marnia (1886/1962)

Cote de référenceFR ANOM 92501/ 1-30
Référence Internetark:/61561/au112snp
Description matérielle4, 30 mètres linéaires
OrigineAlgérie (département d'Oran, puis de Tlemcen). Commune mixte de Marnia
Organisme responsable de l’accès intellectuelArchives nationales d'outre-mer
Langue des unités documentairesfrançais

De 1868 à 1956, deux types de communes ont été créées par le gouvernement français en Algérie : la commune de plein exercice, et la commune mixte. Les communes mixtes furent instituées dans les régions où la population musulmane était très nombreuse et la population européenne très réduite. L’autorité était exercée par un administrateur, fonctionnaire nommé par le Gouvernement général, qui est officier de l’état civil, officier de police judicaire, qui représente la commune en justice, prépare et exécute son budget, nomme aux emplois communaux, prend des arrêtés. Il est assisté d’administrateurs adjoints.

La commune mixte de Marnia est créée par arrêté gubernatorial du 20 juin 1922. Cependant, certains documents du fonds sont antérieurs à la création, et de rares dossiers vont jusqu'en 1962.

Marnia était une commune mixte de l'extrême nord-ouest de l'Algérie, relevant du département d'Oran, puis du nouveau département de Tlemcen. Le territoire de la commune mixte est divisé en 13 douars, un caïd étant placé à la tête d'un ou plusieurs douars. Au recensement de 1936, la commune mixte de Marnia comptait 163 910 habitants.

Il existait aussi une commune de plein exercice du même nom, Maghnia (orthographiée aussi Marnia), située à 27 km à l'est d'Oujda (Maroc). Il y existe des ruines du camp militaire romain. Sous la domination arabe lui fut donné le nom de Lalla-Maghnia. Ce nom est celui d’une sainte musulmane toujours vénérée dans la région. La commune de Marnia est plus célèbre que la commune mixte, en raison du rôle militaire et stratégique de ce carrefour, des actions militaires du général de Lamoricière, et de la bataille de l'Isly.

Juchault de Lamoricière (1806-1865), commandant la division militaire d'Oran, obtient la reddition de puissantes tribus ; il est promu, le 9 avril 1843, au grade de général de division. À l'instigation d'Abd-el-Kader, le sultan du Maroc entre sur le territoire algérien ; en 1844, Lamoricière, chargé de surveiller la frontière avec le Maroc, installe un poste à Lalla-Marnia ; Bugeaud conduit de là son armée sur l'Isly le 14 août 1844, et remporte la victoire de l'Isly. Abd el Kader est en déroute. Cette victoire consacre la conquête par la France de l'Algérie.

A la suite de cette victoire, le traité de Tanger (septembre 1844) est précisé par la convention de Lalla-Marnia, signée le 18 mars 1845 par le Maroc et la France, marquant la frontière entre le Maroc et l'Algérie française, sur environ 140 kilomètres entre la côte méditerranéenne et le col du Teniet-el-Sass.

Pendant toute la période française, c'est surtout l'agriculture qui fut développée dans la région, grâce à l'assainissement des terres et à une irrigation efficace. Le commerce et l'agriculture constituaient les deux moteurs du développement de Marnia, ainsi que les exploitations minières.

La commune mixte, elle, est définitivement supprimée par le décret du 20 mai 1957.

Le fonds fait partie des archives rapatriées d'Algérie en 1962.

Bien qu'il soit peu volumineux, l'intérêt de ce fonds tient à sa très grande variété : propriété foncière, personnel communal, rapports au gouverneur général, SAS, défense nationale et police sont présents ou évoqués par ces dossiers, aussi bien que la justice, la population, les élections.

La vie locale y apparaît dans toute sa complexité.

On y trouve notamment des dossiers du 19e siècle, qui est souvent absent des archives des préfectures.

Les archives des élections, ainsi que les dossiers traitant de la frontière avec le Maroc, de la surveillance politique due à la proximité de cette frontière, de la surveillance des étrangers, sont particulièrement intéressants, ainsi que les dossiers sur l'émigration en métropole pour trouver du travail.

On déplore le caractère partiel de ce fonds : une grande quantité de dossiers sont restés en Algérie ; la période entre 1922 et 1957 est inégalement couverte selon les domaines.

Il n'a été procédé à aucune élimination.

Le fonds de la commune mixte de Marnia n'a jamais été classé jusqu'en 2011. Ce fonds arrivé en désordre a été classé par l'archiviste en regroupant, autant que possible, les dossiers traitant du même sujet.

Ce fonds est entièrement communicable.

Fonds de la préfecture d'Oran : cabinet du préfet (cartons sur les communes mixtes en général) ; 5 Q, bureau spécialisé de la défense nationale ; 1 H, agriculture.

Fonds de la préfecture de Tlemcen (non classé).

Fonds concernant spécifiquement la commune mixte : gouvernement général, 3 M 485 (enquête partielle sur la propriété indigène).

Fonds concernant les communes mixtes, ou la commune de plein exercice de Marnia, mais pas forcément la commune mixte de Marnia : ministère (F 80, 2 cartons, et également des cartes géographiques) ; gouvernement général, 19 H 6, 44, 75, 312-316, 323-328, 1 Y 364, séries J, L, 2 N 12 (plans) ; fonds privé 11 APOM (Mougin, chef du bureau des affaires indigènes à Marnia).

Cartes géographiques de Marnia, commune ou commune mixte (1834-1928), instrument de recherche consultable sur le site internet du service historique de la Défense.

DERNIÈRE MISE À JOUR LE 2016-03-16

Archives
Répertoire établi par Djama MOHAMED-CHIRDON, stagiaire, sous la direction d'Isabelle CHIAVASSA, conservateur en chef
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