Communes mixtes d'Algérie. Commune mixte de Collo (département de Constantine) (1878-1962)

Cote de référenceFR ANOM 93601/1-147
Référence Internetark:/61561/ay817hbeca
Description matérielle16 mètres linéaires
OrigineCommune mixte de Collo
Organisme responsable de l’accès intellectuelArchives nationales d'outre-mer
29, chemin du moulin de Testa, 13090 AIX-EN-PROVENCE, FRANCE

Les documents faisant l'objet de ce répertoire représentent la totalité rapatriée du fonds produit par l'ancienne commune mixte de Collo ainsi que de rares reliquats issus de la sous-préfecture, administration qui lui succéda : un article seulement, relatif aux événements liés à la Guerre d'Algérie, et constitué de dossiers suspendus enlevés tels quels des bureaux en juin 1962, se compose de rapports produits et envoyés au sous-préfet de Collo, se situant dans la courte tranche chronologique de son exercice : de 1958 à 1962. Tout le reste dépend de la commune mixte et ne dépasse pas l'année 1957. Quelques pièces sont antérieures à la création de cette commune mixte, décidée par arrêté du 25 août 1880. La tranche chronologique globale est donc assez vaste, et court sur presqu'un siècle, de 1870 à 1962.

Située entre les communes mixtes de Philippeville et de Robertville à l'Est, l'arrondissement de Constantine au Sud et la commune mixte d'El Milia à l'Ouest, la commune mixte de Collo constitue un éperon rocheux lancé vers la Méditerranée, d'un relief très montagneux dont les chaînes s'avancent le plus souvent jusqu'à la mer ; l'altitude ne s'abaisse guère en dessous de 400 mètres, les principaux sommets étant ceux de Sidi Driss (1268 m) et de Goufi (1086 m). Quelques profondes vallées sillonnent la commune et permettent l'écoulement des eaux du massif vers la mer. Le climat de la région se ressent de cette situation montagneuse et maritime, marquée par des hivers pluvieux et humides et par des étés aux températures modérées, pendant lesquels le sirocco ne vient que rarement donner au pays son caractère africain ; cette très forte pluviométrie explique l'existence dans la région de nombreuses forêts, qui revêtent ici une importance capitale.

Car le facteur économique est bien dans l'ensemble dominé par le caractère forestier de ce territoire. En effet, les massifs boisés couvrent 130 000 ha environ, dont 75 000 ha de belles forêts de chênes-lièges et de pins maritimes, le reste étant constitué par du maquis. La prédominance des massifs boisés dans la géographie et l'économie de ce territoire est clairement visible ici : la série consacrée aux forêts est l'une des plus importantes de ce fonds, les principales ressources des douars constitutifs de la commune mixte reposant sur l'exploitation du liège et du charbon de bois.

Dans les premières années consécutives à la conquête, la région de Collo est d'abord incorporée dans le territoire du commandement militaire de Constantine, puis incluse dans la commune subdivisionnaire de Constantine, créée par arrêté du 20 mai 1868. Suite à la suppression des communes subdivisionnaires en 1874, l'arrêté du 1er avril 1878 institue la commune indigène d'El Milia, qui se scinde deux ans plus tard en trois communes mixtes : El Milia, Attia et Collo (arrêté du 25 août 1880). Cette première commune mixte de Collo comprend les tribus des Ouled Mehenn, des Beni Salah et des Beni Ouelbane, ainsi que les deux douars Medjadjeda et Zeramna provenant de l'ancienne commune mixte de Philippeville. La commune mixte d'Attia elle, englobe les territoires des Oued Attia et des Beni Toufout. Supprimée par l'arrêté du 16 décembre 1905, cette commune mixte est entièrement rattachée à celle de Collo, dont les limites ne changent plus pendant plus d'un demi-siècle : elle comprend dès lors une vingtaine de douars et 4 centres de colonisation. L'ensemble couvre un espace assez vaste (163 000 hectares) et englobe une population musulmane dans son écrasante majorité : au recensement de 1937, 70 000 musulmans coexistent avec 350 Français européens, essentiellement regroupés dans les centres de Bessombourg, de Cheraïa et d'El Ouldja.

La commune mixte est administrée par une commission municipale présidée par l'administrateur et composée de 3 adjoints spéciaux (1er collège), de 5 conseillers municipaux (2e collège), de 20 présidents de djemaa et de 14 caïds. L'attribution essentielle de cette assemblée réside dans l'examen et l'approbation des budgets primitifs et supplémentaires dont le total représente un ensemble de recettes d'environ 200 millions de francs pour l'exercice de l'année 1953. L'adjudication des droits de marché (notamment pour la construction et l'entretien des routes), la supervision des recettes communales, la gestion des biens communaux, l'approbation des comptes administratifs et le financement des travaux communaux, reflets de son activité, sont autant de thématiques qui peuvent être étudiées dans ce fonds.

Ce dispositif perdure jusqu'à la suppression générale des communes mixtes, celle de Collo étant supprimée par l'arrêté du 14 janvier 1957. Elle fait alors place à la sous-préfecture de Collo, érigée par décret du 20 mai 1957 ; toutefois l'administrateur reste en fonction jusqu'en novembre 1957. Le nouvel arrondissement recouvre exactement le territoire de l'ancienne commune mixte et comprend dès lors 19 communes, créées en remplacement des anciennes unités administratives - centres de colonisation et douars - et dotées des mêmes attributions qu'en métropole.

De par leur caractère souvent très incomplet, chaque fonds de commune mixte présente des spécificités et des intérêts de recherche qui leur sont propres ; courant durant toute la période de son existence, celui de Collo présente des séries que l'on retrouve habituellement dans d'autres fonds de commune mixte : l'importante série consacrée aux forêts, déjà évoquée, est assez unique en son genre car très précise : les parcours et droits d'usage, l'exploitation du liège, les opérations de défrichement et de débroussaillement, la lutte contre les animaux sauvages ou contre les incendies, le campement en forêt des nomades la gestion des périodes de chasse sont autant de thématiques qui pourront être étudiées ici. Les travaux communaux, les dossiers de construction des routes ou encore ceux consacrés à l'instruction publique des Européens comme des indigènes permettent de dresser un état des chantiers en matière d'équipement, de viabilité ou de scolarisation entrepris par l'administration et ce pendant plus de 50 ans. Les dossiers des centres de colonisation et des concessionnaires, très étendus dans le temps, donnent une idée assez complète de la constitution de la propriété foncière au sein de la commune mixte, tandis que la vie politique peut s'appréhender ici à travers les dossiers des élections législatives, départementales ou municipales. Le recensement général de 1906 permet également d'avoir un état précis de la composition de la population à cette date. La police est une part constitutive et essentielle de ce fonds : la surveillance des étrangers et des partis politiques, le contrôle de l'achat ou de la détention d'armes, les dossiers de rejets et d'autorisations de voyage en métropole, les demandes de naturalisation ou encore l'organisation de patrouilles et de rondes de nuit donnent une palette assez complète des activités de surveillance ayant pu se développer dans les communes mixtes algériennes. La guerre d'Algérie est sous-représentée ; toutefois, l'article consacré à la gestion et à l'action des Sections administratives spécialisées est à signaler tout particulièrement car complétant très heureusement le fonds des Sections administratives spécialisées du département de Constantine, totalement lacunaires pour l'arrondissement de Collo.

Jusqu'en 1962, les archives produites par la commune mixte puis sous-préfecture de Collo sont conservées sur place. Lors de l'accession de l'Algérie à l'indépendance, celles de la commune mixte sont rapatriées par seize sacs postaux dont l'expédition fut prise en charge par l'armée le 26 juin 1962. À l'exception d'une liasse, celles de la sous-préfecture n'ont pas été rapatriées et sont restées en Algérie.

Le fonds a été classé et inventorié en 2016, sur les liasses encore ficelées. Très peu d'éliminations ont été effectuées au cours du classement : seuls les formulaires vierges et les exemplaires en double en ont fait l'objet.

Ces archives sont librement communicables dans leur totalité. La reproduction éventuelle des documents librement communicables est soumise aux conditions fixées par le règlement intérieur des Archives nationales d’outre-mer.

Aux Archives nationales d'outre-mer

Gouvernement général de l'Algérie

Préfecture de Constantine

Sous-préfectures d'Algérie


Au Service historique de la Défense

Archives militaires de l'Algérie, sous-série 1 H

DERNIÈRE MISE À JOUR LE 2016-07-01

Archives
Répertoire établi par Giulia MANFREDI, stagiaire, sous la direction de Pierre GOMBERT, conservateur du patrimoine
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