Bureau politique. (1893-1964)

Cote de référenceFR ANOM 81 F 592-FR ANOM 81 F 1052
Référence Internetark:/61561/dy768c04n

Le bureau politique du ministère d’État chargé des affaires algériennes est l’héritier d’un bureau fort ancien dans les services du ministère de l’Intérieur chargés de l’Algérie, qui a, selon les époques, porté le nom de bureau politique et social ou de bureau des affaires politiques. En 1944, ce bureau, dirigé par l’administrateur civil Pierre Rosier, avait pour attribution, outre les affaires politiques, les affaires relatives au régime législatif de l’Algérie. A partir du 1er janvier 1945, lui est officiellement rattaché le service des successions nord-africaines, chargé de défendre les droits des familles nord-africaines dont le soutien était décédé en métropole. En 1947, ce bureau comporte une section chargée de coordonner l’assistance aux Français musulmans résidant en métropole qui est dirigée par un administrateur civil, Pierre Piolet, détaché des cadres de l’administration algérienne. Pour effectuer ses missions, ce dernier prend de fréquents contacts avec les préfectures métropolitaines. Peu avant la création du service de l’Algérie et des départements d’outre-mer, en février 1949, le service des successions nord-africaines est rattaché à l’Office administratif de l’Algérie, représentation du Gouvernement général de l’Algérie à Paris.  
Ce bureau est confié à l’administrateur civil Edouard Léautier à partir de 1952, alors que Pierre Rosier est devenu sous-directeur de l’Algérie. À partir de cette date, ce bureau se voit enlever ses attributions en matière de régime législatif de l’Algérie au profit du bureau des affaires administratives et juridiques. La section dirigée par Pierre Piolet en est distraite pour constituer un bureau à part entière : le bureau de coordination et d’action sociale. Lors de la création de la direction des affaires d’Algérie en 1955, le bureau politique est placé sous l’autorité du directeur des affaires politiques et administratives. En 1961, ce bureau, dirigé par Jacques Sebastiani, est rattaché au service des affaires politiques et de l’information du ministère d’État chargé des affaires algériennes. Ses attributions se concentrent alors sur des aspects politiques : la surveillance des commissions d’élus algériens, la situation générale en Algérie, les mouvements politiques, la sécurité générale, les juridictions spéciales, les affaires internationales, les cultes. Les attributions relatives à l’information, au régime de la presse, à l’organisation de la radiodiffusion et du cinéma sont, pour l’essentiel, dévolues au service de presse et d’information.

Le fonds de ce bureau, qui a hérité de dossiers très anciens provenant du ministère de l’Intérieur, couvre un large spectre chronologique (1893-1962). Ses dossiers concernent aussi un plus grand nombre de domaines que ceux représentés dans les attributions du bureau en 1961. Toutefois, il faut noter que les dossiers traités par l’ancien bureau politique et social relatifs à des attributions perdues, comme le régime législatif de l’Algérie, sont conservés dans le fonds de ce dernier service, auxquels ils ont été transmis.

Le bureau des affaires politiques dépendant du ministère de l’Intérieur avait utilisé plusieurs cadres de classement décimaux successifs qui ne présentaient pas une grande cohérence. Le fonds est donc présenté par thèmes qui s’inspirent des attributions du bureau politique du ministère d’État chargé des affaires algériennes   et de celles des bureaux qui l’ont précédé. Étant donné le nombre de domaines dans lesquels ce bureau était compétent, il était difficile de procéder à de grands regroupements. On peut cependant citer quelques grands domaines essentiels : domaine des affaires protocolaires et de l’administration en Algérie, domaine de la vie politique et de l’opinion (mouvements politiques, syndicats, associations, médias, cultes). On a placé dans un ordre chronologique les dossiers relatifs à la période de la seconde guerre mondiale et aux événements puis à la guerre d’Algérie. Les derniers domaines sont plus variés et difficiles à relier entre eux : affaires judiciaires et internement administratif, affaires militaires, Sahara algérien, affaires internationales, Nord-Africains en métropole et rapatriés.

Ce fonds s’interrompt à la disparition du ministère d’État, en novembre 1962. Hormis quelques courriers isolés datés de 1964, il ne contient pas de documents relatifs aux activités des bureaux qui ont succédé au bureau politique au sein du secrétariat d’État auprès du Premier ministre chargé des affaires algériennes, c’est-à-dire le bureau des affaires générales et des garanties dirigé par Jacques Sébastiani, puis le bureau politique dirigé par François Plaisant. Les dossiers correspondants sont à rechercher dans le fonds du secrétariat d’État aux affaires algériennes conservé par la direction des Archives du ministère des Affaires étrangères.

DERNIÈRE MISE À JOUR LE 2015-03-12

Archives
Répertoire établi par Agnès GOUDAIL, conservateur et Hélène TAILLEMITE, chargée d’études documentaires et complété par Daniel HICK, conservateur en chef
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