Ministère des Colonies. Télégrammes à l'arrivée et au départ de l'administration centrale (1889/1960)

Cote de référenceFR ANOM 21 COL 1 à 1166 et 22 COL 1 à 157
Référence Internetark:/61561/hx605dx455d
Description matérielle138, 50 mètres linéaires
OrigineMinistère des Colonies
Organisme responsable de l’accès intellectuelArchives nationales d'outre-mer
Langue des unités documentairesfrançais

Il s'agit d'une série constituée par le ministère des Colonies au quotidien : les télégrammes échangés avec les autorités administratives locales, généralement des gouverneurs, parfois de haut commissaires. Ils sont regroupés en deux types de registres : « arrivée » et « départ », classés dans l’ordre chronologique.

Au début, le texte est recopié intégralement à la main dans un registre. Pour les arrivées, sont mentionnés la date, la provenance, le texte. Pour les départs, on trouve la date, la destination, puis le texte.

Plus tard, ce sont simplement les doubles ou même des frappes originales des dépêches dactylographiées (une page par dépêche), qui sont reliés directement en classeur.

Les registres reliés en reliure traditionnelle disparaissent dès 1920 et font place ensuite, pour le cabinet, à des liasses de dépêches sommairement reliées en classeurs. Les bureaux, de leur côté, ont utilisé des reliures traditionnelles juqu'en 1940.

Ils sont rangés d’abord par aire géographique large (Afrique, Asie, Amérique, Océanie, …), puis au fur et à mesure par groupe de territoires ou par territoire (Madagascar, Côte française des Somalis, Mayotte...).

A l'intérieur des registres, s'ils concernent plusieurs colonies à la fois, des onglets signalent le début de chaque partie.

Le terme "Intérieur" utilisé dans l'instrument de recherche signifie qu'il s'agit de télégrammes provenant de ou adressés à des administrations situées en France (Marseille, Bordeaux...).

Les colonies ont longtemps été rattachées au ministère de la Marine. Toutefois l’idée d’une administration distincte voit lentement le jour. En 1881 est créé un sous-secrétariat d’État aux Colonies rattaché au ministère du Commerce, érigé en ministère de plein exercice le 20 mars 1894. La loi du 31 juillet 1920 donne ensuite à l’administration centrale du ministère une organisation qu’elle conserve sans changement jusqu'à sa disparition en 1960.

Jusqu'en 1920 il fit l'objet de nombreuses réformes de structure, oscillant entre deux tendances, l'une consistant à affirmer la personnalité de chacune des colonies par une division géographique des services de l'administration centrale, l'autre voulant exprimer, par une division méthodique, la personnalité de l'ensemble colonial par rapport à la métropole. Ce dernier principe définitivement reconnu dans la loi du 31 juillet 1920 consacrait une évolution à la fois politique et administrative, donnant au ministère des Colonies la physionomie d'une direction gouvernementale globale où les différents pôles de l'action étaient représentés en tant que tels : affaires politiques, économiques et sociales, travaux publics, affaires militaires, santé, personnel, contrôle.

Les télégrammes émanent du cabinet du ministre. A leur suite, sont classés les télégrammes émanant des bureaux et services de l'administration centrale (essentiellement la direction des affaires politiques).

Le versement aux Archives nationales a été fait par le Service du chiffre.

Entre 1940 et 1944, il y eut un ministère chargé des Colonies à Vichy par le maréchal Pétain, mais également une structure chargée auprès du général de Gaulle, à Londres puis Alger, de suivre les relations avec ces territoires, dont certains se mirent assez tôt sous l'autorité de la France libre. Le fonds conserve les deux séries de télégrammes, émanant de deux autorités, et se divise par conséquent en deux sous-séries pour cette période.

A l'issue des années de guerre et de Résistance, pendant lesquelles certains territoires d'outre-mer ont tenu un rôle notable, le ministère reçut l'appellation de France d'outre-mer dans le gouvernement constitué le 26 janvier 1946.

En raison de leur départementalisation (loi du 19 mars 1946) la Guadeloupe, la Martinique, la Guyane et la Réunion cessèrent de relever de ce ministère ; toutefois, elles continuent à être représentées dans le fonds des Télégrammes après 1946.

De 1932 à 1938, les télégrammes regroupés par le service du chiffre sous l'intitulé "divers" sont ceux provenant de ou adressés à l'Intérieur, l'étranger et aux associations, députés des colonies, etc.

L'année 1939 est absente de la partie Cabinet du ministre.

Les télégrammes les plus nombreux sont ceux du cabinet du ministre. A leur suite, sont classés les télégrammes des bureaux et services de l'administration centrale, mais la série est beaucoup moins volumineuse.

L'instrument de recherche ci-dessous les répartit en catégories :

  • Sous-fonds Cabinet du ministre :
  • Télégrammes du Cabinet avant 1939
  • Télégrammes du gouvernement de Vichy
  • Télégrammes du Comité national français (Londres)
  • Télégrammes du Comité français de libération nationale (Alger), puis gouvernement provisoire de la République française (Paris)
  • Télégrammes du cabinet du ministre de la IVe et du début de la Ve République
  • Sous-fonds Bureaux :
  • Télégrammes de l'Administration centrale (1889-1940).

Ils sont ensuite répartis par aires géographiques et par territoires.

Cette série présente l'intérêt de montrer tout le fonctionnement du ministère des Colonies au quotidien, et de concerner toutes les colonies, jusqu'aux îles Kerguelen et à la Nouvelle-Amsterdam.

Les télégrammes portent sur de nombreuses affaires ponctuelles (notations de fonctionnaires non reçues, nouvelles pour des familles, paiement de factures ou livraisons... ) mais ils intéressent aussi l'histoire événementielle, politique et économique des territoires.

On peut citer ceux du gouverneur annonçant l'éruption de la Montagne Pelée en 1902, ceux rédigés par René Pleven à Londres début 1941 (carton 811), quelques télégrammes de l'époque importante de juin et surtout juillet 1940 (notamment, ordre donné par Vichy le 4 juillet de tirer sur tout bâtiment britannique qui se présenterait devant les ports du Sénégal) (carton 679). Enfin, le télégramme envoyé à Vichy par le poste de Dalat le 26 août 1944, par conséquent après la Libération de Paris et la fin d'exercice du pouvoir par Vichy, mais qui est tout de même arrivé à bon port (carton 804).

Particulièrement intéressants sont les télégrammes saisis par la commission d'épuration en 1944. Un carton (807) contient les télégrammes secrets signés par l'amiral Platon, secrétaire d'État aux Colonies (par exemple, il signale à Fort-de-France que des gaullistes auraient occupé Saint Pierre et Miquelon, le 25 décembre 1941) ; trois autres cartons (808 à 810) renferment les "télégrammes intéressant la dissidence gaulliste", et ce de juin 1940 à août 1944 : par exemple, le 8 janvier 1941, Platon signale à Dakar que des dissidents auraient occupé le nord du Tchad. Il s'agit de télégrammes concernant fréquemment des déserteurs passés à l'ennemi, des prisonniers anglais, la recherche de gaullistes comme Catroux ou Larminat.

On peut suivre également toute la guerre de libération de l'Indochine, les négociations, et la marche vers l'indépendance de l'Afrique occidentale française et de l'Afrique équatoriale française (après le référendum de septembre 1958 et jusqu'en 1960).

En particulier, ces télégrammes peuvent servir d'archives pour connaître le rôle du comité interministériel de l'Indochine, qui fonctionna en 1946-1947 (après que Hồ Chí Minh eut proclamé le 2 septembre 1945 l'indépendance de la République démocratique du Viêt Nam, le Corps expéditionnaire français en Extrême-Orient reprit le contrôle de l'Indochine, et des négociations diplomatiques se poursuivirent : certains de ces télégrammes ont été publiés par Philippe Devillers, Paris Saigon Hanoi : les archives de la guerre 1944-1947, Gallimard, 1988).

Les télégrammes du Cabinet vont jusqu'en 1960, ceux des bureaux s'arrêtent en 1940.

Toutes les autres séries émanant du ministère des Colonies, direction des affaires politiques.

Fonds du cabinet (1887/1958) :

Cote de référence FR ANOM 171 COL 1 à 137

Description matérielle: 137 articles, 22 m.l.

Répertoire numérique dactylographié, par Alexis Rinckenbach, 1994, 70 p.

Seules les années 1889 à 1926 des télégrammes Cabinet du ministre (1 Tel) sont actuellement visibles en ligne.

DERNIÈRE MISE À JOUR LE 2011-09-05

Archives
Répertoire établi par Catherine MEHAUD, révisé et complété par Isabelle CHIAVASSA, conservateur en chef
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