Régime d'administration royale directe

Lorsque le régime des Compagnies aura cessé aux Antilles et qu'il aura été remplacé par l'administration royale, tous les documents précités continueront à être enregistrés bien qu'en moins grand nombre mais à eux se joindra une correspondance beaucoup plus abondante avec les gouverneurs qui relèvent désormais directement du roi et qui sont, aux Antilles et au Canada, flanqués d'un intendant aux attributions identiques à celles de ses collègues métropolitains. Ces lettres deviendront, est-il besoin de le préciser, de plus en plus nombreuses et complexes au fur et à mesure que, en avançant dans le temps, les colonies deviendront plus actives, plus riches et plus peuplées   . On voit de même croître en importance la correspondance avec l'intendant de la Marine du Ponant à Rochefort qui exerçait, pour employer une terminologie moderne, les fonctions d'un véritable ‹sous-secrétaire d'État aux Colonies›. De multiples questions concernant ces dernières sont évoquées dans ces lettres : approvisionnements, troupes, législations, convois des navires marchands, matériel, économie coloniale, recrutement d'officiers de plume ou d'épée, passages, etc... Bien souvent le ministre y précise sa pensée et se livre même quelquefois, comme dans les lettres aux gouverneurs ou intendants à un véritable historique d'une affaire   .

On assiste aussi à l'apparition et au développement d'une correspondance active avec :

  • 1° les commissaires ordonnateurs des ports de la Manche (Dieppe, Granville, Saint-Malo), de l'Atlantique (Brest, Lorient, Nantes, La Rochelle, Bordeaux, Bayonne) et de la Méditerranée (Marseille, Toulon) ;
  • 2° les autorités métropolitaines qui voyaient évoquer devant elles les affaires coloniales : les contrôleurs généraux, les secrétaires d'État à la Guerre, aux Affaires Étrangères, les hauts magistrats (d'Aguesseau, d'Argenson), les intendants de commerce (Amelot), les intendants des provinces du royaume ;
  • 3° les autorités religieuses, évêques, supérieurs et provinciaux d'ordres séculiers au sujet du recrutement de missionnaires pour les colonies, de l'administration des missions, etc. ;
  • 4° les représentants du Commerce maritime et colonial : directeurs de Compagnies, armateurs (Montaudouin, Magon), marchands intéressés dans les affaires des pelleteries, etc. ;
  • 5° les fournisseurs de vivres et de munitions pour la Marine et les Colonies ;
  • 6° les officiers de marine commandant les navires du roi allant aux Colonies ou affrétés par les Compagnies de Saint-Domingue et de l'Assiento    ;
  • 7° de hauts personnages en réponse aux lettres de recommandation qu'ils avaient fait tenir au ministre en faveur d'officiers servant aux colonies ou désirant y passer ;
  • 8° enfin avec des officiers ‹coloniaux› en séjour en France, en général pour les presser de rejoindre leur poste quand ils n'y mettaient, et le cas n'était pas rare, qu'un empressement modéré.

En 1675, on voit apparaître une ébauche de budget pour les colonies des Antilles et du Canada   . Ces états de dépenses existent en 1675, 1679, de 1681 à 1687, en 1689 et 1690 pour les Antilles ; en 1675, 1678, de 1682 à 1685, de 1687 à 1689 et 1690 pour le Canada ; en 1693 et 1696 pour l'Acadie. Ils disparaissent totalement ensuite.

Vers la même époque (1675) apparaissent des lettres patentes, arrêts du Conseil ou brevets confirmant des concessions accordées par les gouverneurs et Intendants.

On trouve aussi quelques mémoires sur diverses questions touchant l'administration ou la vie économique des colonies, l'un traite des monnaies des Iles   , un autre de la culture des mûriers qu'on fit quelques efforts pour développer à la Martinique vers 1685   , plusieurs d'entre eux essaient de mettre quelque clarté dans l'épineuse question du commerce des pelleteries canadiennes.

Enfin, il existe dans cette série des documents aberrants dont la présence ne s'explique que par une erreur de classement. C'est le cas des recensements du Canada pour 1666, 67 et 68    ; d'une ‹ plainte des officiers servant en Acadie contre les négligences du sieur des Gouttins, écrivain de la Marine dans la distribution des vivres aux troupes (21 janvier 1694)   . Ce document établi à Québec et visé par l'Intendant de Champigny devrait se trouver dans C 11 A 13. Quant à la lettre du roi à M. de Ressons, nommé au commandement de ‹ la Perle › qui va croiser en Adriatique sous les ordres de Forbin   , sa place est évidemment dans les séries ‹ Marine ›.

DERNIÈRE MISE À JOUR LE 2015-01-07

Archives
Inventaire établi par Etienne TAILLEMITE, conservateur en chef, complété par les Archives nationales d'outre-mer
Recherche par critères
 ou entre   et