Archives privées d'outre-mer. Albert Sallet (1900-1957)

Cote de référenceFR ANOM 226 APOM
Référence Internetark:/61561/ql463lfq
Description matérielle26 articles, 3 m. l.
OrigineDon Jean Cousso en mai 2014
Organisme responsable de l’accès intellectuel Archives nationales d'outre-mer
29 chemin du Moulin de Testa, 13090 Aix-en-Provence
Langue des unités documentairesfrançais, quoc-ngu, caractères nôm, cham, latin

Né et mort à La Souterraine (Creuse, 1877-1948), Albert Sallet sort en décembre 1902 de l'École principale du Service de santé de la marine et des colonies de Bordeaux.

Il est appelé à servir en Indochine où il débarque en 1903 à Haiphong, port du Tonkin. En 1904, il est détaché au service mobile de la vaccination contre la variole, basé à Hanoï. Puis il est nommé en novembre 1906 en Annam pour un deuxième séjour, qu'il effectue à l'ambulance de Tourane ; il y est renommé en 1910 à l'hôpital. C'est à Tourane qu'il rencontre Amélie Morin, qu'il épouse en 1910. Son action dans le contrôle de l'épidémie de peste de cette ville lui vaut la médaille des épidémies en 1911. Il découvre la civilisation des Chams lors de son affectation comme médecin de la province du Quang Nam à Faifo. Pour son dernier séjour, il est affecté comme médecin-chef de l'hôpital régional de Phan Thiet dans la région plus méridionale de l'Annam. Il y approfondit l'étude des Chams, apprend leur langue et se plonge dans la connaissance de leurs traditions médicales et pratiques de « magie conjuratoire ». Il demande sa retraite de médecin-major en 1925 afin de pouvoir se consacrer à ses travaux.

Également botaniste, Albert Sallet a une connaissance précise de la flore vietnamienne. Cette spécialisation lui permet non seulement de rédiger plusieurs travaux botaniques mais aussi de comprendre la pharmacopée sino-vietnamienne. Grâce à son appréhension de la langue et de la médecine traditionnelle vietnamiennes ainsi que des coutumes locales, le docteur Sallet devient en 1919 membre correspondant de l'École française d'Extrême-Orient (EFEO). Dans ce cadre, il est également chargé en 1926 de la protection des Monuments historiques de l'Annam, puis nommé conservateur du musée d'art Cham de Tourane. De 1914 à 1945, il est également un acteur essentiel de l'Association des amis du Vieux Hué qui s'est fixée pour mission de « transmettre aux générations futures la vision la plus authentique du Viêt-Nam d'autrefois ».

De 1919 à 1930, Albert Sallet mène, à la demande du Gouvernement général de l'Indochine et du directeur de l'EFEO, une vaste enquête en Annam, aidé par Nguyen Dinh Hoê, directeur de l'École des Hau Bo (École des aspirants-mandarins de Hué, créée le 5 mai 1911). Il établit au préalable une liste des villages qui sera régulièrement « réactualisée », avec mention du nombre précis d'habitants. Il élabore ensuite des questionnaires destinés à collecter à la source, en fonction de chaque village ou commune, des informations précises sur des domaines très diversifiés tels que la richesse des vestiges, l'histoire, les coutumes, les cultes, les traditions orales, les pratiques médicales et plantes médicinales, pour les rassembler et les exploiter à des fins scientifiques. Les autorités administratives directement supérieures ou les lettrés sont sollicités pour aider les responsables des villages à recueillir les témoignages des anciens et à rédiger les réponses. Une importante série de documents rédigés en quoc ngu, nom, cham et latin, souvent accompagnés de leur traduction en français, est ainsi collectée, classée afin de servir à la rédaction des rapports destinés au Gouvernement général.

Le Gouvernement général de l'Indochine lui confie également en 1926 la mission officielle de « réaliser une somme de la pharmacopée et des matières médicales du centre Viêt-Nam »... qui aboutit en 1931 à la publication dans le cadre de l'Exposition coloniale internationale de Paris de L'Officine sino-annamite en Annam, Livre I : Le médecin annamite et la préparation des remèdes, qui apporte sur les plantes médicinales une série de précisions, véritable mise au point de travaux plus anciens. Le tome II ne voit jamais le jour, les responsables d'Hanoï annonçant à Sallet qu'il n'y a plus de budget pour poursuivre cette mission. Sallet continue ses recherches jusqu'à sa mort et laisse dans ses papiers les travaux préparatoires à cet ouvrage inédit de pharmacopée sino-viêtnamienne.

En 1931, le docteur Sallet vient s'établir à Toulouse où il conduit le développement du legs Labit jusqu'à la création du musée asiatique du même nom. Il entreprend de recenser, d'étiqueter, de classer tous les documents et les objets laissés par Georges Labit, permettant ainsi à cet établissement de devenir le premier musée asiatique et oriental hors de Paris. Il emporte également à Toulouse une masse de documents, d'objets, de dessins et de peintures qu'il souhaite exploiter dans le cadre de ses recherches et travaux.

Avant d'être donné aux Archives nationales d'outre-mer, le fonds a été analysé de manière détaillée, constituant ainsi un précieux catalogue. Les nombreux documents manuscrits, tapuscrits et publications ont également fait l'objet d'un premier conditionnement. Cette organisation physique n'a pas été modifiée et les numéros d'inventaires conservés. Les cotes 22 à 25 sont actuellement vacantes.

Le plan adopte quatre parties :

  • réponses à l'enquête scientifique auprès des villages d'Annam (1913-1934)
  • notes manuscrites et tapuscrites relatives aux croyances, coutumes, recettes médicinales et à la pharmacopée annamites (1900-1957)
  • publications (1909-1944)
  • dessins (s. d.)

Le fonds Albert Sallet donné par son petit-fils Jean Cousso, président de la Nouvelle Association des Amis du Vieux Hué (NAAVH), aux Archives nationales d'outre-mer (ANOM) est composé du fonds Sallet proprement dit, rassemblé par le médecin et le savant pendant sa carrière indochinoise et toulousaine, de 1903 à 1947, au cours de ses travaux et missions à différents titres : correspondant de l’École française d’Extrême-Orient (EFEO), co-fondateur de l'Association des Amis du Vieux Hué (AAVH) avec Léopold Cadière ; conservateur du Musée Cham de Tourane ; chargé par le protectorat de l'étude des matières médicales de l'Annam ; chargé de l'organisation d'une enquête auprès des villages de l'Annam ; premier conservateur du Musée Georges-Labit de Toulouse. Le fonds Sallet est riche de quelque 15 000 pages manuscrites inédites en quoc-ngu, caractères nom, cham et français ; de 600 dessins ou aquarelles ; de correspondances ; des publications d'Albert Sallet, parfois en double exemplaire avec des corrections. L'ensemble du fonds concerne les légendes, les coutumes, le patrimoine archéologique, la faune et la flore et les matières médicales d'Annam.

Selon la volonté du donateur, libre accès aux originaux. Par mesure conservatoire, les dessins originaux ne sont communicables que sous forme de copies.

Archives nationales d'outre-mer

Sites internet

  • Monnais-Rousselot (Laurence), Médecine coloniale, pratiques de santé et sociétés en Indochine française (1860-1939). Une histoire de l'Indochine française, 1997.
  • Monnais (Laurence), Médicaments coloniaux au Viêt Nam : distribution et consommation : 1905-1940, Les Indes savantes, 2014.
  • Durand (Maurice), Imagerie populaire vietnamienne, École française d'Extrême-Orient , 2011.
DERNIÈRE MISE À JOUR LE 2015-11-25

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Répertoire établi par Anne-Laure VELLA, chargée d'études documentaires
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