Communes mixtes d'Algérie. Les Maâdid puis sous-préfecture de Bordj Bou Arreridj (1861-1960)

Cote de référenceFR ANOM 93703/1-112
Référence Internetark:/61561/rj694hbdfh
Description matérielle10 m. l.
OrigineCommune mixte des Maâdid puis sous-préfecture de Bordj Bou Arreridj, arrondissement de Sétif, département de Constantine
Organisme responsable de l’accès intellectuelArchives nationales d'outre-mer
29, chemin du Moulin de Testas, 13090 AIX-EN-PROVENCE, FRANCE
Langue des unités documentairesfrançais

Les documents qui font l'objet de ce répertoire constituent le fonds produit par la commune mixte des Maâdid pendant toute la durée de son existence (1890-1956), mais on trouve également quelques épaves du fonds de la sous-préfecture de Bordj-Bou-Arreridj, administration qui lui succéda à partir de juin 1956. Plusieurs pièces, notamment celles relatives aux centres de colonisation et à l'établissement de la propriété foncière, sont antérieures à la création de la commune mixte des Maâdid, arrêtée le 22 mai 1890, et retracent ainsi l'histoire de la commune mixte qui la précède, Bordj-Bou-Arreridj, cette cité indigène ayant été érigée en commune mixte en 1880 avant de perdre sa dénomination au profit de celle des Maâdid dix ans plus tard. Par ailleurs, beaucoup de pièces issues des dossiers de la guerre d'Algérie ou encore du personnel témoignent du changement de statut de la commune, devenue sous-préfecture de Bordj-Bou-Arreridj dès la fin de l'année 1955  .

La superficie des Maâdid avoisine les 200 000 hectares, après sa constitution définitive par arrêté du 22 mai 1890. La commune mixte, d'une orientation générale Nord-Sud, est composée de onze douars (Sidi-Embarek, Rilassa, Maâdid, Rabta, Ksour, Zeggueur, Zemala, Taglait, Mekarta, Gherazla et Ain-Turck) dirigés par des caïds composant les djemâas (assemblées indigènes) et de neuf centres de colonisation représentés par des conseillers municipaux composant la commission municipale des européens (Galbois, Bordj-Rédir, Lavoisier, Lecourbe, Macdonald, Cérez, Paul-Doumer, La Barbinais et Davout).

La commune mixte est très majoritairement occupée par les communautés indigènes vivant en milieu rural. Les pièces détaillant les projets des travaux publics effectués dans la commune mixte montrent très clairement ces particularismes propices au développement des activités agricoles, la commune décomptant cinq grandes forêts : Rilassa, les Ayad, Ouled-Hannèche, Maâdid et Ouled-Khellouf, toutes comprises dans les douars et couvrant une surface totale de plus de 23 000 hectares. L'agriculture constitue les grands domaines d'activités des populations aussi bien européennes qu'indigènes. Démographiquement et d'après le recensement réalisé en 1936, la commune mixte est habitée par environ 50 000 indigènes et d'un peu moins de 1000 résidents européens, demeurant, pour la plupart d'entre eux, dans les centres de colonisation aménagés lors de leur installation. Les dossiers traitant des centres de colonisation témoignent de l'établissement et de la délimitation de ces villages européens, érigés consécutivement aux nombreuses demandes des familles ou aux opérations du séquestre collectif de 1871. Ces observations confirment ainsi les statistiques officielles dressées sur l'ensemble du pays algérien.

La commune mixte des Maâdid ainsi présentée n'a pas toujours été constituée de cette manière. En effet, jusqu'à l'insurrection de 1871, Bordj Bou Arreridj n'était qu'un bureau arabe avant de devenir tour à tour un commissariat civil puis une commune mixte. Les Maâdid sont situées dans le département de Constantine jusqu'au décret de 1956 qui les rattache à celui de Sétif, nouvellement créé. Auparavant, elle faisait partie intégrante de l'arrondissement de Sétif et son siège se situait à Bordj-Bou-Arreridj, par la suite devenue une sous-préfecture. Compris dans un pentagone constitué par les localités de Sétif, La Fayette, Bordj Bou Arreridj, Mansourah et M'Sila, le territoire de cette commune mixte n'est pas constitué d'un seul tenant, les douars d'Ain-Turck et de Gherazla ainsi que les centres de colonisation de Davout et de Macdonald étant séparés du reste de la commune par la commune de plein exercice d'Ain-Tagrout. Plus au Nord, ce sont les communes mixtes des Bibans et de Guergour qui délimitent la commune. Enfin, le massif montagneux du Djebel Maâdid, appartenant à la chaîne montagneuse du Hodna cerne les Maâdid au Sud.

C'est toutefois la commune mixte des Maâdid qui est la mieux représentée par ce fonds, qui s'étend sur un siècle complet. Le fonds dans son ensemble recèle de précieuses informations à la fois sur l'administration générale de la commune mixte, mais également sur les événements majeurs qu'a traversés le pays pendant l'ensemble de la période coloniale. Les deux dernières années de la présence française en Algérie ne sont pas décrites dans ce fonds, les dossiers les plus récents s'arrêtant en 1960.

L'intérêt de ce fonds se traduit par l'apport de nombreuses informations concernant la gestion et l'administration de la commune à la fois sur le plan politique, économique et social. Les dossiers de personnel et de la sous-préfecture permettent de cerner au mieux la manière dont la commune a été administrée au cours d'un siècle d'activité. D'autres documents, par ailleurs, permettent d'appréhender les divers aménagements qui ont été mis en place à la fois pour constituer la commune mixte puis la sous-préfecture mais aussi pour permettre aux populations indigènes et européennes de poursuivre, le mieux possible, leurs activités agricoles et commerciales. Un important volet consacré à l'agriculture décrit d'assez près les diverses préoccupations qui ont été celles des cultivateurs et des entrepreneurs comme l'état des productions, la lutte contre les calamités et les sinistres ou encore le suivi des mesures sanitaires. Sur le plan religieux, les documents présentés ici traitent essentiellement du culte musulman, avec notamment l'organisation des pèlerinages à La Mecque. Ces pièces apportent alors une approche particulière car elles ne se contentent pas de parler du simple fait religieux mais expliquent très clairement comment étaient organisés ces pèlerinages et comment étaient contrôlées les familles partant pour l'Arabie Saoudite. Ainsi, il est possible de retracer un voyage, du départ avec les demandes de passeports jusqu'au retour avec les opérations de contrôle aux frontières algériennes.

Les dossiers des centres de colonisation permettent de retracer l'arrivée progressive des Européens et leur installation dans des villages créés pour leurs familles. Parmi ces documents, on retrouve des pièces importantes relatives à l'application du sénatus consulte de 1863, instauré en vue de délimiter les territoires des tribus indigènes et de répartir les terres entre les douars nouvellement constitués, et du séquestre collectif ordonné en 1871, reconstituant ainsi la dépossession progressive des terres de ceux qui ont participé à l'insurrection de 1871. Ainsi, il est permis de suivre d'assez près l'évolution de l'agrandissement de la commune mixte. Enfin, dans ce registre, de nombreux dossiers de concessionnaires permettent d'étudier la constitution de la propriété foncière par les colons, essentiellement entre 1880 et 1930.

Un moment d'histoire qu'a vécu le pays colonisé est très bien représenté dans ce fonds : la guerre d'Algérie et les émeutes de mai 1945 qui la précédèrent. Un dossier complet traite des attentats et attaques survenus pendant cette période. Cependant, ce sont les pièces retraçant la surveillance policière, concentrée sur les partis politiques et les indigènes suspects, qui sont les plus complètes. De nombreux rapports issus des compagnies de gendarmerie ou encore de la police nationale des Renseignements généraux sont présents dans ce fonds et permettent de rétablir chronologiquement les faits survenus dans ce territoire. Certaines pièces, tracts et affiches saisies notamment, donnent une idée assez précise de l'organisation et de l'activité des indigènes dans leur lutte pour l'autonomie puis l'indépendance.

L'histoire des archives de la commune mixte des Maâdid puis sous-préfecture de Bordj-Bou-Arreridj est intrinsèquement liée à celle du département de Sétif : lors de la suppression de la commune mixte en 1957, les dossiers de cette institution ont continué à être alimentés par ceux produits au sein du nouvel arrondissement. En 1961-1962, lorsque s'organise le transfert en France des archives issues de la sous-préfecture puis préfecture de Sétif, sont englobés dans ce transfert les fonds des arrondissements constitutifs de ce département et avec eux, ceux des communes mixtes qui les précédèrent. Pour l'arrondissement de Bordj-Bou-Arréridj, l'armée prit en charge leur transport qui se fit par sacs postaux, expédiés le 9 mai 1962. Le bordereau de cette expédition a été conservé.

Le classement a été fait en 2014. Il a permis de distinguer plusieurs grands blocs correspondant aux ensembles décrits plus haut, l'ensemble totalisant 10 mètres linéaires.

Très peu d'éliminations ont été effectuées au cours du classement : seuls les formulaires vierges et les exemplaires en double en ont fait l'objet.

Les documents sont librement communicables dans leur totalité, à l’exception des dossiers dont l'état trop dégradé rend impossible leur consultation en salle sans une restauration préalable.

La reproduction éventuelle des documents est effective selon les conditions fixées par le règlement intérieur du Centre des archives d’outre-mer.

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DERNIÈRE MISE À JOUR LE 2014-04-30

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Répertoire établi par Emilie TOLU, stagiaire, sous la direction de Pierre GOMBERT, conservateur du patrimoine
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