Archives privées. Victoire Ravelonanosy (1946/1981)

Cote de référenceFR ANOM 149APOM
Référence Internetark:/61561/sb394ojs
Description matérielle12 articles
OrigineVictoire Ravelonanosy
Organisme responsable de l’accès intellectuelArchives nationales d'outre-mer
29, chemin du moulin de Testa, 13090 Aix-en-Provence, France

Libre accès aux originaux.

Née à Tananarive le 8 octobre 1910, Victoire Ravelonanosy est la onzième d'une famille de douze enfants. Son père, de caste noble, quinze honneurs, était gouverneur principal hors classe. Comme toutes les jeunes filles malgaches accomplies de l'époque, elle est capable de transformer en linceul les cocons de vers à soie. Elle fréquente les cours des sœurs de saint-Joseph de Cluny à Andohalo (Tananarive) et obtient le certificat d'aptitude à l'enseignement en 1929.

Attirée par la peinture elle suit les cours d'une ancienne élève des Beaux-Arts de Paris. Elle traitait à l'aquarelle des scènes paysannes qu'un marchand lui prenait chaque semaine pour les vendre au marché de « Zoma ».

En 1932, sa mère l'envoie en France pour se marier. Ses futurs beaux-parents ne la laissent pas poursuivre ses études aux Beaux-Arts comme elle l'aurait souhaité, mais l'inscrivent à des cours de coutures et de lingerie. Extrêmement douée pour les arts manuels, elle surpasse rapidement les autres élèves et obtient facilement un CAP (certificat d'aptitudes professionnel) en 1933, puis la médaille et le diplôme d'assistante du devoir national en 1935. Après un séjour à Paris où son mari, médecin-lieutenant avait été nommé, elle rejoint Marseille pour y attendre la libération de celui-ci fait prisonnier en 1940.

En 1942, elle quitte Marseille pour la Tunisie où son mari avait été affecté. Elle reste seule à Sousse avec ses six enfants en bas-âge, son mari faisant la campagne d'Italie. Elle s'installe par la suite à Tunis et suit des cours de peinture dans l'atelier d'un maître, professeur à l'école des Beaux-Arts de Tunis jusqu'en 1957, des cours chez un maître céramiste américain de 1950 à 1953, des cours post-scolaire techniques et pratiques à l'école de reliure d'art de Tunis de 1950 à 1955 et s'initie à la peinture sur soie et à la tapisserie. Elle fait sa première exposition en 1946 et participe à diverses manifestations artistiques. En 1953, elle devient déléguée pour la Tunisie du centre de liaison des artistes peintres de Paris. En 1954, elle crée l'association des artistes peintres et amateurs d'art de la Tunisie (AAPAAT) puis présente les œuvres de ses adhérents de la plupart des villes de Tunisie.

En 1959, elle organise une exposition itinérante à Nîmes, Marseille, Monte-Carlo et Versailles au profit des sinistrés de Madagascar. La même année elle est nommée déléguée de la République malgache à l'Académie internationale de la céramique (AIC) à Genève. A ce titre, elle participe chaque année aux congrès et expositions de cette Académie. En 1960, elle fonde à Madagascar le centre artistique culturel international malgache et à Paris le centre artistique littéraire France-Madagascar dont les buts principaux étaient de faire connaître les artistes peintres et l'art malgache en France, de favoriser les échanges culturels et artistiques entre la France et Madagascar et de créer un musée d'art contemporain à Madagascar. Outre la création des ces trois associations, elle fut sociétaire des artistes français, des artistes indépendants, membre de l'institut de Carthage, de la société des artistes peintres et sculpteurs de Madagascar, de l'association des journalistes, écrivains et artistes de la France d'Outre-Mer, de la fédération internationale culturelle féminine, de la société des Beaux-Arts de la France d'Outre-Mer.

En 1966, elle se fait rapatrier officiellement en France. Elle est envoyée par l'Unesco à Dakar pour y présenter l'art malgache au premier Festival mondial et des arts nègres. Elle est à l'origine de toute la décoration des cabines et des salon du Motor / Ship « Mananjary », premier navire de la flotte malgache, construit au Trait et inauguré en avril 1968 à Tamatave.

En 1974, elle crée le musée d'art contemporain à Tananarive. Au retour d'un nouveau séjour à Madagascar elle est victime d'un accident de voiture près de Paris à la suite duquel elle reste handicapée. Ses activités se trouvent alors pratiquement stoppées. En 1977, elle est atteinte d'une tumeur cancéreuse près du cerveau et doit subir l'énucléation de l'œil droit et six opérations mutilantes. Elle participera cependant à des manifestations artistiques à l'Unesco en 1978, à Paris et à Chinon en 1979 et au Foyer international d'accueil de Paris en 1980 où elle donne une dernière causerie avec une projection de diapositives sur la décoration du Mananjary. Le 20 octobre 1980, pour sa dernière sortie officielle, elle se voit remettre par l'ambassadeur de Madagascar la croix de chevalier de l'ordre national de la République démocratique de Madagascar.

  • L'Evasion tapis d'Aubusson (Mananjary).
  • Caprice (nu de forme cubiste).
  • Coin de jardin et Femme Bakalava (accents exotiques et personnels).
  • Gasfienne et Flamboyants de Salazamay (influence de Gauguin).
  • Médaille d'or de Tunisie (1953).
  • Premier prix au 5ème Grand prix de Deauville section Tunisie (1954).
  • Premier prix au Grand prix de Tunisie à Alger (1954).
  • Chevalier des Palmes académiques (1958).
  • Médaille d'or de la ville de Vichy (1960).
  • Officier du mérite national français (1960).
  • Chevalier de l'ordre des arts et des lettres (1961).
  • Commandeur de l'ordre du mérite français d'outre-mer (1961).
  • Médaille d'argent de la ville de Paris (1961).
  • Prix de peinture au salon de Blois (1964).
DERNIÈRE MISE À JOUR LE 2009-09-23

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Répertoire établi par George-André Banguio, stagiaire
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