Sous-préfectures d'Algérie. Sous-préfecture de Blida (1928, 1937-1962)

Cote de référenceFR ANOM 917/1-214
Référence Internetark:/61561/tf481awvuu
Description matérielle 26 mètres linéaires
OrigineVersement de la sous-préfecture de Blida
Organisme responsable de l’accès intellectuel Archives nationales d'outre-mer
29 chemin du Moulin de Testa, 13090 Aix-en-Provence
Langue des unités documentairesfrançais

La ville de Blida a été l'objet d'une première expédition de reconnaissance par le général de Bourmont dès juillet 1830. Occupée définitivement par l'armée française en 1839, elle devient commune le 29 octobre 1845.

L'arrondissement de Blida existe dès avant le 2 août 1845 (date de la création d'une sous-direction de l'Intérieur et des Travaux publics dans l'arrondissement de Blida), suite à l'ordonnance du 15 avril 1845 qui prévoyait la délimitation future d'arrondissements en Algérie. Il a été confirmé par le décret du 28 octobre 1854 lors de la délimitation du département d'Alger et de sa division en deux arrondissements, Alger et Blida.

En 1859, cet arrondissement ne comprend que 3 communes : Blida, Boufarik et Koléa. Les limites ont été rectifiées le 15 mai 1861 par délibération du conseil de gouvernement. En 1947, cet arrondissement comptait 26 communes et une commune mixte.

Le territoire de l'arrondissement de Blida correspond aux riches terres agricoles de la plaine de la Mitidja.

Outre une sous-préfecture construite dans les années 1850 et une église construite en 1864, elle fut le siège d'un collège, devenu lycée en 1956, d'une prison civile, d'un tribunal de grande instance, d'un hôpital psychiatrique, du premier régiment de tirailleurs algériens, et du 65e régiment d'artillerie (en 1929). Enfin, la base aérienne militaire de Blida était la plus importante d'Afrique du Nord. La décision de sa création fut obtenue en 1923 par le maire Gaston Ricci, député, en raison de la proximité d'Alger, et sa réalisation intervint vers 1930.

On trouve trace de quelques-uns des noms des premiers sous-préfets : Ausone de Chancel peu après 1843, Paul-Henri de Soubeyran-Raynaud en 1849.

De mars 1944 à septembre 1945, le sous-préfet fut Albert Saincierge ; de 1947 à 1955, c'était Pierre Delahaut. Après Pierre Merle de 1956 à 1958, s'ensuit une période où un colonel exerce les pouvoirs civils habituellement dévolus au sous-préfet.

Après cet épisode, Jacques Roy occupa les fonctions de sous-préfet de février 1959 à février 1960 ; François Bosc lui succéda en 1960-1961. Il fut brièvement arrêté par les partisans de l'insurrection, lors du putsch des généraux en avril 1961.

Enfin, en 1962, René Heckenroth fut le dernier sous-préfet, de mars à juin 1962.

Cet arrondissement a existé jusqu'à la fin de la présence française en 1962. En 1958, on y dénombrait 39.237 Européens et 199.988 Français Musulmans.

Ce fonds de sous-préfecture, comme beaucoup de fonds analogues, contient peu de documents antérieurs à 1944. Il offre un éclairage intéressant sur l'état d'esprit des populations musulmanes (de par la surveillance exercée), sur la guerre d'Algérie, et surtout sur la vie politique dans un territoire très proche d'Alger. Les développements qui suivent insistent sur ces points.

La surveillance s'exerçait en effet depuis 1944 sur la presse musulmane, l'enseignement coranique, les confréries (dès 1937), les associations et syndicats musulmans, et donnait lieu à des rapports sur l'état d'esprit.

Les dossiers datant de la guerre d'Algérie montrent bien l'imbrication étroite entre le pouvoir civil et le pouvoir militaire. La correspondance avec le colonel commandant le secteur de Blida et avec la gendarmerie semble quotidienne ; les informations reçues sur les événements locaux donnent lieu à un ensemble de documents reçus au jour le jour. Le sous-préfet participe aux réunions de l'état-major mixte à la préfecture d'Alger. Les dossiers sur l'action psychologique retiennent l'attention, ceux qui relatent l'action des sections administratives spécialisées également - ils indiquent notamment l'utilisation des fonds dits spéciaux -, enfin la série des dossiers d'indemnisation de victimes de dommages de guerre est conservée (notamment dommages aux biens, en cette région très agricole).

Les rapports journaliers des commissariats de police de 1954 à 1961, les rapports des Renseignements généraux et ceux de la gendarmerie permettent de suivre la vie des populations au quotidien.

Les rapports mensuels du sous-préfet (au préfet ou au général exerçant les pouvoirs civils à Alger) indiquent comment le sous-préfet se représentait l'atmosphère et la situation dans son territoire, de 1945 à 1959.

Les dossiers classiques d'administration générale comprennent notamment les distinctions honorifiques, la surveillance des radios et de la presse, les demandes de gérance de café maure, les états numériques des étrangers de 1956 à 1960, quelques papiers sur le sport et le scoutisme musulman ; on remarque aussi des dossiers sur les suspects internés de 1944 à 1946, en raison de leur attitude pendant la période vichyste, et d'autres dossiers sur les Espagnols et les Italiens suspects (de 1945 à 1954).

Mais c'est surtout la vie politique locale qui bénéficie d'un éclairage par ce fonds d'archives. Le Parti communiste algérien est suivi de 1944 à 1961, l'ensemble constitué par le Parti du peuple algérien et le Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques est surveillé de 1937 à 1955. Les élections font l'objet de dossiers dès 1945 (législatives, cantonales, municipales) de même que la création des délégations spéciales dans les communes en 1956 (décret du 17 mars 1956). Surtout, d'innombrables rapports de police décrivent les réunions syndicales, et les grèves (notamment à l'hôpital psychiatrique de Blida). Enfin, le sous-préfet semble avoir constitué et annoté ses propres dossiers en 1960-1961. Dans cette période troublée, il suivait avec attention les mouvements pro-Algérie française, l'OAS, le putsch des généraux en avril 1961 (puisqu'il fut arrêté par les partisans de l'insurrection à cette occasion) et les sanctions qui durent être prises après le retour à l'ordre. La région de Blida semble avoir été particulièrement activiste. Au total, la surveillance de la vie politique a permis à ce fonds d'archives de recéler une grande quantité de tracts provenant de toutes les tendances.

Seules les demandes de passeports et d'autorisations de voyage (1951-1961) ont été éliminées, avec conservation de spécimens.

Les cartons sont tous communicables, à l'exception du dossier 140, qui concerne des affaires portées devant les juridictions et par conséquent n'est communicable qu'après un délai de 75 ans (en 2036), conformément au Code du patrimoine.

Préfecture d'Alger

Sections administratives spécialisées en Algérie

DERNIÈRE MISE À JOUR LE 2014-09-02

Archives
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