Dépôt des fortifications des colonies (1639-1948)

En 1778 est instauré le Dépôt des cartes et plans des colonies : les administrateurs des colonies reçoivent l’ordre de faire dresser une copie des cartes, plans et mémoires connexes conservés sur place par les ingénieurs du Roy. La mesure vise tout à la fois à constituer une collection de travail pour l’information des services du secrétariat d’État de la Marine et à assurer à ces documents une conservation plus sûre que celle permise par les conditions climatiques et matérielles des administrations coloniales. Il devient le Dépôt des fortifications des colonies par arrêté du 15 nivôse An VIII (5 janvier 1800) et est confié au génie. Supprimé par décret du 29 juin 1880, le Dépôt a pour successeur le Service des constructions militaires et des fortifications aux colonies, placé sous l’autorité de l’Inspection de l’artillerie de marine, service de l’armée, qui se voit confier le fonds pour le bon exercice de ses missions. Enfin, à la veille de la première guerre mondiale, le fonds est remis au ministère des Colonies. Il est par la suite alimenté moins régulièrement, mais les dernières pièces, pour certains territoires, sont postérieures à la seconde guerre mondiale.

Infiniment plus riche que son intitulé ne le laisse penser, le fonds du Dépôt des fortifications des colonies concerne tous les continents et tous les aspects de la vie des colons français de ces territoires. Le fonds procède en effet de l’activité des ingénieurs du Roy dans les colonies, et ceux-ci ne se limitaient pas aux fortifications : les voies d’accès à la colonie, c’est-à-dire les ports et ouvrages maritimes, les relevés hydrographiques des baies, ports et embouchures de fleuves, les ouvrages d’art, les routes et chemins, les opérations d’arpentage, l’élaboration d’un cadastre, les aménagements hydrauliques, la conception de villes, la construction des bâtiments publics, sont autant de facettes de leurs activités qui ont donné lieu à des documents dont les copies de ce fonds sont dans la quasi-totalité des cas les seules traces subsistantes.

En particulier dans les premières décennies, et jusqu’à la Restauration, on trouve en tête de chaque sous-série géographique des documents généraux sur la colonie, documents cartographiques et textuels, les « mémoires ». Tous les thèmes peuvent y être abordés, voire exposés en détail dans les mémoires et /ou dans les cartes et plans : la situation générale de la colonie (population, installation des colons, défense, relations avec les colonies étrangères voisines), les grands travaux de création de ports, d’aménagement de routes, la construction de villes, la distribution de lots (urbains ou ruraux) aux colons, l’implantation des bâtiments publics, donnent ainsi lieu à des centaines de documents, dans tous les états d’avancement ou d’achèvement, du croquis rapide au plan majestueux, magnifiquement aquarellé, du brouillon de mémoire plusieurs fois corrigé, annoté et biffé à la copie calligraphiée destinée au secrétaire d’État.

Puis, à partir des années 1820-1830, le service se spécialise manifestement : les documents généraux et les plans de villes, les cadastres, les plans de bâtiments publics civils ou d’ouvrages d’art se font de plus en plus rares, et les plans d’emprises, de bâtiments militaires (casernes, bureaux, ateliers, écuries, forges…) et de fortifications stricto sensu deviennent vraiment majoritaires et dès la fin du XIXe siècle, ils constituent les uniques objets de ce fonds. Pour spécialisés qu’ils puissent paraître, ces documents certes techniques dépassent néanmoins aujourd’hui largement le cadre militaire : la plupart du temps, les bâtiments et ouvrages concernés n’ont plus d’utilité militaire mais les documents traduisent la stratégie et les connaissances techniques mises en œuvre à l’époque, et l’entretien et la restauration de ces édifices devenus patrimoine architectural se nourrissent de ces informations originelles.

L’ensemble représente plus de 36 000 documents, dont un peu plus de 16 000 cartes et plans et environ 20 000 mémoires.

Le fonds a été recoté à partir de 2005 lorsqu’ont commencé les travaux de numérisation, mais le classement d’origine n’a pas pour autant été modifié. Il est possible de déterminer la nouvelle cote d’un document, carte ou mémoire, à partir de l’ancienne grâce à une table de concordance.

Le Dépôt des fortifications des colonies est classé en deux parties : la partie principale (XVIIe siècle-vers 1880/1890) qui correspond aux actuelles sous-séries 1 à 33 DFC, et le supplément (vers 1880/1890-1948), qui regroupe les actuelles sous-séries 34 à 48 DFC. La césure correspond au moment où le Dépôt des fortifications des colonies est remplacé par le Service des constructions militaires et des fortifications aux colonies et à la prise en charge du fonds et des missions par l’Inspection générale de l’artillerie de marine. Toutefois cette césure n’est pas nette, la continuité des missions consistant en lourds travaux d’infrastructure la rendant diffuse, Chacun de ses deux ensembles est lui-même organisé, comme il l’a été dès l’origine par les services producteurs, en territoires. La situation des colonies françaises ayant changé entre le XVIIe siècle et la fin du XIXe ‒comme d’ailleurs certaines dénominations de territoires‒ la correspondance n’est pas parfaite entre les sous-séries par colonie de la partie principale et celles du supplément. Dans chaque sous-série, les documents sont numérotés par ordre chronologique, d’abord par pièce, puis de plus en plus par dossier d’ouvrage : les numéros deviennent donc plus complexes, en deux parties : numéro de dossier/numéro de pièce.

Partie principale :

Supplément :

  • 34 DFC : Notes et rapports de l’inspecteur général de l’artillerie de marine
  • 35 DFC : Supplément ‒ Saint-Pierre-et-Miquelon
  • 36 DFC : Supplément ‒ Guadeloupe
  • 37 DFC : Supplément ‒ Martinique
  • 38 DFC : Supplément ‒ Guyane
  • 39 DFC : Supplément ‒ Sénégal
  • 40 DFC : Supplément ‒ Mayotte
  • 41 DFC : Supplément ‒ Madagascar
  • 42 DFC : Supplément ‒ Dahomey
  • 43 DFC : Supplément ‒ Soudan français
  • 44 DFC : Supplément ‒ Afrique équatoriale française
  • 45 DFC : Supplément ‒ Côte française des Somalis
  • 46 DFC : Supplément ‒ Indochine
  • 47 DFC : Supplément ‒ Nouvelle-Calédonie
  • 48 DFC : Supplément ‒ Tahiti

Liste chronologique et numérique manuscrite des pièces par sous-série, par le service producteur (rédaction : vers 1870-vers 1950). Consultable uniquement en salle des inventaires.

Les cartes en ligne dans la banque d’images Ulysse y sont associées à une description minimale de chaque pièce

Tous les documents de cette série sont des documents publics, aujourd’hui librement communicables selon les dispositions du code du patrimoine.

Les pièces numérisées ne sont plus consultables que sous cette forme afin de préserver les originaux. Certaines pièces peuvent faire l’objet de restrictions de communication si leur état en interdit la manipulation.

Des reproductions peuvent être délivrées moyennant paiement, dans la limite des possibilités techniques de l’atelier photographique des ANOM : les très grands formats ne peuvent être numérisés en interne.

L’ensemble des 16 000 cartes et plans de ce fonds sont en cours de numérisation et de mise en ligne.

DERNIÈRE MISE À JOUR LE 2017-04-18
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