Préfecture d'Alger. Cabinet du préfet d'Alger (1858/1962)

Cote de référenceFR ANOM 91/1 K 1-1300
Référence Internetark:/61561/zf476xsw
Description matérielle169, 50 mètres linéaires
OriginePréfecture d'Alger
Organisme responsable de l’accès intellectuelArchives nationales d'outre-mer
Langue des unités documentairesfrançais

Le fonds provient du cabinet du préfet régional d'Alger et du cabinet du préfet du département d'Alger, les deux étant indissociablement mêlés. Ce sont à la fois les archives du secrétariat particulier du préfet et du bureau du cabinet, du directeur et du chef de cabinet, à l'exclusion des archives des services rattachés au Cabinet.

Ces liasses ont été versées en 1961-1962 aux Archives départementales d'Alger, d'où elles ont rejoint les Archives nationales d'outre-mer.

La sous-série 1 K (Cabinet du préfet) est constituée de deux parties bien distinctes : une première partie avait été inventoriée (instrument de recherche dactylographié) mais sans aucun ordre structurant ; constituée de 1039 cartons et portant sur la période avant 1958 pour l'essentiel, elle était communiquée aux Archives nationales d'outre-mer (cotes 91/1 K 1 à 1039). Le reste était resté en l'état, dans des liasses ficelées depuis 1962.

Cette dernière partie a été classée et inventoriée en 2010 par Isabelle Chiavassa, conservateur en chef, et cotée à partir de 91/1 K 1040. Les 1039 premières cotes ont été à leur tour réinventoriées en 2010-2011. Le présent inventaire rend compte de la totalité du fonds. Il est classé de façon structurée dans un ordre intellectuel déterminé par l'archiviste, et non dans l'ordre des cotes.

Le département d'Alger est créé fin 1848. Le ressort du département est réduit bien plus tard, en 1956. En effet, par décret n° 56-641 du 28 juin 1956, portant réorganisation territoriale de l'Algérie, l'ancien département d'Alger fut divisé en quatre départements : Alger (Alger), Titteri (préfecture Médéa), Cheliff (Orléansville), et Grande-Kabylie (Tizi-Ouzou).

Les fonctions de préfet de région d'Alger ont dès lors existé. Le préfet "Igame" existe dès le 18 juin 1956. Il porte ensuite le titre de secrétaire général régional (décembre 1958), préfet régional (juillet 1959), puis préfet inspecteur général régional (février 1960), époque finale à laquelle, en sus des pouvoirs d'un "Igame" de métropole, il doit s'occuper de développement économique et social.

Les titulaires de cette charge de préfet de région, différents du préfet d'Alger, furent François Collaveri en 1956, Serge Baret de décembre 1956 à mai 1958, le général Allard en juin 1958, chef du corps d'armée d'Alger, puis le général Jacques Massu (juillet 1958-janvier 1960) également général commandant le corps d'armée d'Alger, et qui exerçait déjà depuis 1957 certains pouvoirs civils, délégués par le préfet Baret ; enfin Jean Chapel en janvier 1959, qui eut au début un cabinet commun avec le général Massu (divisé en un cabinet civil et un cabinet militaire), puis son propre cabinet, et qui partit en août 1961. Il y eut également un préfet de police à Alger à partir de mars 1961.

Les domaines essentiels que ce fonds permet d'appréhender sont outre les pouvoirs du préfet, la seconde guerre mondiale, la guerre d'Algérie, l'action de la police et de la gendarmerie, l'opinion publique, la politique, la censure de la presse, les événements insurrectionnels de 1960 et 1961.

Les mesures du régime de Vichy contre les Juifs et les franc-maçons, l'application intégrale des lois de 1940 aux fonctionnaires, les groupes collaborationnistes présents en Algérie, les personnes surveillées ou internées, l'épuration et la répression des faits de collaboration : voici l'essentiel concernant la seconde guerre mondiale dans ces archives. Ponctuellement, elles montrent aussi la mutinerie des tirailleurs algériens à Maison-Carrée et les exécutions qui s'ensuivent (1941), le débarquement du 8 novembre 1942, la rencontre entre Résistance algérienne et Alliés le 22 octobre 1942 à Misselmoun (Gouraya), la mort du capitaine Pillafort, tombé le 8 novembre 1942, l'enquête menée en 1943-1944 sur Pierre Ordioni, royaliste, ancien directeur du cabinet du préfet, qui aurait peut-être contribué à l'arrestation de chefs gaullistes par le général Bergeret.

Ce sont par ailleurs des archives de direction et de décision, qui offrent un très grand intérêt pour l'étude des pouvoirs des préfets, modifiés en 1956, puis après le 13 mai 1958, puis encore en 1959 et 1960. Le préfet centralisait une masse de renseignements fournis par la police, la gendarmerie, l'armée, et de rapports sur l'état de l'opinion. L'opinion semble constituer une véritable obsession des préfets depuis 1936 : réunions politiques et syndicales, réactions de l'opinion au retour de Pierre Laval, plus tard réactions aux discours successifs du général de Gaulle... Pour la période de la guerre d'Algérie, les archives du général Massu, exerçant les pouvoirs civils dans la région d'Alger, et des dossiers sur la bataille d'Alger, les évènements dans la Casbah, le 13 mai 1958, Fernand Yveton, condamné à mort et exécuté en 1957, Henri Alleg, directeur d'Alger républicain, interné en 1957, et sur l'autorité respective des civils et des militaires en Algérie à partir de 1956, sont particulièrement intéressants.

Dès 1940, les partis politiques sont très documentés : les partis musulmans, Parti du peuple algérien clandestin et Messali Hadj depuis 1940, UDMA et Ferhat Abbas dès 1941, puis Parti communiste algérien dès 1946, ainsi que le FLN ; les partis dits européens (SFIO, MRP...), puis en fin de période les groupes pro-Algérie française. Le suivi des élections et referendums de 1939 à 1961 occupe de très nombreux cartons : le préfet y attache beaucoup d'importance, ainsi qu'à l'émergence d'élites politiques musulmanes, et à la censure de la presse (de 1951 à 1958, des journaux comme L'Humanité, France Observateur ou Alger républicain étaient fréquemment saisis ; le journal Alger républicain est surveillé dès 1943). Ces archives permettent aussi d'éclairer le déroulement des journées insurrectionnelles : journées de janvier 1960 (barricades activistes, faisant suite à l'annonce du départ du général Massu) et de décembre 1960 (émeutes activistes, à la suite d'un voyage du général de Gaulle et de Louis Joxe en Algérie), et quelques dossiers plus succincts sur le putsch des généraux d'avril 1961 et sur l'OAS. L'année 1962 en revanche est assez peu présente.

De manière plus secondaire, de nombreux autres domaines sont évoqués. Les nombreuses grèves sont illustrées par des dossiers complets depuis 1936. Le préfet supervise le ravitaillement à la fin des années 1940, les voyages officiels en Algérie de 1930 à 1961. Les affaires communales lui sont régulièrement rapportées. L'action sociale, la pauvreté, les secours financiers aux particuliers, les associations, très actives, la santé, le séisme d'Orléansville en 1954, les pélerinages à La Mecque, les prêts de semences aux indigènes, les tournées d'information cinématographique de la population organisées par le gouvernement général, sont également des préoccupations du préfet. Les suspicions de corruption ou de malversations de caïds ou gardes-champêtres sont nombreuses de 1945 à 1948. Un petit dossier de 1961 montre le souci des autorités pour les garanties à accorder aux Européens, pour la période qui suivra l'indépendance.

Les documents les plus fréquents sont des rapports : les collections des rapports du préfet au délégué général, des rapports adressés au préfet par les sous-préfets, les administrateurs de communes mixtes, la police (commissariats de police et Renseignements généraux), la gendarmerie, l'armée, le service chargé des questions islamiques (et même des bulletins relatant l'état d'esprit, la radio et la presse en 1939-1940) sont une mine d'informations. Hormis quelques types de documents particuliers (arrêtés d'interdiction de presse et journaux saisis, interventions de notables auprès du préfet, enquêtes sur les candidats à la fonction publique, autorisations de taxis ou de cafés maures), on rencontre essentiellement des notes, courriers, télégrammes, circulaires, parfois en fin de période avec d'intéressantes annotations manuscrites du général Massu ou du préfet Chapel. Les photographies présentes dans les dossiers ont été signalées systématiquement. Les chronos du courrier départ du préfet sont conservés de 1944 à 1956, ceux des télégrammes sont antérieurs (1936).

Particulièrement présents sont les documents issus de la surveillance de la police : tracts, rapports résumant des réunions politiques et syndicales, numéros isolés de presse politique algérienne, clandestine ou pas, syndicale, ou locale, papiers d'organisation des cérémonies officielles. On notera enfin un dossier sur le procès et l'exécution de Fernand Bonnier de La Chapelle, assassin de l'amiral Darlan en 1942.

Les papiers antérieurs à 1930 ou 1935 sont en nombre très réduit.

Pour l'essentiel, ce fonds couvre la période 1939 à 1962. C'est la période 1955-1961 qui est la plus représentée.

Les papiers de l'année 1962 sont en nombre très restreint.

Aucune élimination n'a été pratiquée, à l'exception de quelques doubles, et des télex reçus de l'AFP, qui n'étaient pas datés et n'apportaient que des informations événementielles mondiales.

Un très gros volume de dossiers de décorations, qui relevaient du cabinet du préfet, a été mis à part et reste à classer.

Quelques dossiers avaient été autrefois extraits du fonds par les Archives nationales d'outre-mer : disques et livres saisis sur ordre du préfet ; dossiers de personnel préfectoral. Ils ne sont pas décrits dans le présent instrument de recherche.

Le fonds est librement communicable à l'exception de quelques cartons soumis au délai de 75 ans concernant les affaires portées devant les juridictions.

  • Aux Archives nationales d'outre-mer
DERNIÈRE MISE À JOUR LE 2015-09-15

Archives
Répertoire établi par Isabelle CHIAVASSA, conservateur en chef
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