Secrétariat d'État à la Marine - Correspondance au départ avec les colonies (première partie) (1654-1715)

Cote de référenceFR ANOM COL B 1 à 37
Référence Internetark:/61561/ki665dxxl
Description matérielle22,5 mètres linéaires
Origine Secrétariat d'État à la Marine
Organisme responsable de l’accès intellectuel Archives nationales d'outre-mer
29, chemin du moulin de Testa, 13090 AIX-EN-PROVENCE, FRANCE
Langue des unités documentairesfrançais

La série B des archives du ministère de la France d'Outre-Mer est constituée par la correspondance générale avec les colonies. Elle s'étend de 1654 à 1816 et comporte 277 articles.

Les 37 premiers registres de la série présentés dans cet inventaire regroupent les lettres et ordres du roi à destination des colonies. Ils correspondent au règne personnel de Louis XIV et à l'administration des colonies par quatre grands ministres et secrétaires d'État : Colbert, Seignelay, Louis et Jérôme de Pontchartrain. L'initiative de leur enregistrement revient certainement à Colbert qui organisa et réglementa la conservation des archives de la Marine vers 1660 : les premiers registres de la série, à l'exception de B 6, sont en effet reliés à ses armes et remarquablement calligraphiés. La période couverte correspond au régime des compagnies des Indes occidentales et orientales, puis à celui de l'administration royale directe.

Voir Taillemite (Étienne), Les archives et les archivistes de la marine des origines à 1870, 1969

Cette série contient les minutes des lettres et instructions adressées par le roi et le secrétaire d'État aux gouverneurs, intendants et officiers divers en service dans les colonies, ainsi qu'aux autorités métropolitaines ou aux particuliers qui avaient à connaître d'affaires coloniales : secrétaires d'État, contrôleur général des Finances, intendants des provinces et des ports, évêques, supérieurs d'ordre religieux, armateurs, négociants, munitionnaires, fournisseurs, directeurs de compagnies commerciales. Sont également conservés de nombreux autres documents : édits, lettres patentes, ordonnances, arrêts du Conseil, commissions d'officiers, ordres de paiements, états financiers, états de matériel, lettres de naturalité, de grâce, de noblesse, brevets de concessions de terres.

Le fonds constitue une source essentielle pour l'étude de la politique coloniale française sous l'Ancien Régime. Les lettres adressées par le ministre aux gouverneurs, intendants, magistrats et autres officiers civils et militaires sont une source précieuse d'informations sur le recrutement et et la manière de servir du personnel colonial ancien. Il faut également souligner l'importance de cette correspondance pour l'histoire des institutions coloniales de l'Ancien Régime, leur mise en place et leur fonctionnement, ainsi que pour celles de l'esclavage et des rapports avec les autochtones. Les difficultés de l'évangélisation des colonies, à laquelle Louis XIV accordait une grande importance, est fréquemment évoquée dans les lettres et instructions adressées aux autorités, ainsi que dans l'abondante correspondance échangée avec les provinciaux d'ordres religieux et les missionnaires. Les questions économiques et sociales, qui apparaissent dans les registres au fur et à mesure du développement des colonies, la politique économique du gouvernement et celle des compagnies de commerce menées outre-mer peuvent être également étudiées. Enfin, la série offre un intérêt tout particulier pour l'histoire métropolitaine, notamment sur les conditions de vie dans les régions maritimes, la grande crise de la fin du règne de Louis XIV et la politique étrangère vis-à-vis de l'Espagne.

Au début du règne personnel de Louis XIV, les colonies étaient encore peu nombreuses. Aussi le faible volume de la correspondance administrative ne justifiait-il pas un classement rigoureux. Dans les premiers registres, les destinations sont amalgamées (Indes orientales, Antilles et Canada) et les documents enregistrés dans un ordre approximativement chronologique   . A partir de B 7, toutes les affaires relatives aux Mascareignes et aux Indes orientales disparaissent.

Dès le volume B 8, un classement méthodique est entrepris, ce registre ne concernant que le Canada et B9 les Antilles. Ce n'est toutefois qu'à partir de B 12 (1686), dans lequel la correspondance vers les Antilles et le Canada est clairement séparée, que l'ordre s'établit définitivement. De B 14 à B 31 (1688 à 1709), chaque registre contient, pour deux ou trois années consécutives, le courrier à destination soit du Canada, soit des Antilles. A partir de B 25 (1704), la diversification est nette pour les colonies d'Amérique septentrionale : les lettres pour le Canada, l'Acadie, Terre-Neuve et la Louisiane sont regroupées, comme celles des Iles du Vent, Saint-Domingue et Cayenne pour les Antilles à partir de B 35 (1713) . Enfin, à partir de B 32 (1710), la méthode de classement change et chaque registre contient désormais les dépêches destinées à toutes les colonies pendant une seule année.

Le registre B 30 tranche par sa composition anormale. En ces années de grande crise financière et de faiblesse navale (1708-1709), le roi n'arme aucun navire pour le Canada. Seules quelques lettres envoyées par les navires marchands ont donc été enregistrées. L'essentiel des pièces conservées est adressé aux intendants et commissaire des ports ou à divers personnages résidant en France et s'occupant des affaires canadiennes. Dans ce registre réapparaissent quelques ordres pour les Indes orientales. Des erreurs d'enregistrement ont été commises : ainsi une lettre à M. de Meneval, gouverneur d'Acadie du 1er mai 1689 est-elle égarée dans le B 14 qui ne concerne que les Antilles et quelques documents sur la Louisiane perdus au milieu des affaires de Terre-Neuve dans le B 23   . Une lettre à M. Deshaguais sur les pelleteries a été insérée dans un registre des Iles d'Amérique   , alors qu'au contraire le B 30 (Canada) contient plusieurs dépêches relatives aux affaires de la Compagnie de l'Assiento. Les lettres à Bégon, intendant de Rochefort, enregistrées avec la correspondance du Canada, contiennent quelquefois un paragraphe sur les Iles ou vice-versa   .

Des originaux ont été parfois été insérés près de leur copie, avec lesquelles ils font double emploi   . Très rarement, l'analyse d'une pièce envoyée lui a été associée  .

Les pièces jointes ont, de temps en temps, été enregistrées à la suite mais ce n'est malheureusement pas la règle générale.

Le fonds est communicable sous forme de microfilm.

Taillemite (Etienne), Inventaire analytique de la correspondance générale avec les colonies, départ, série B, tome 1, registres 1 à 37 (1654-1715), 1959, 312 p.

L'introduction d'Etienne Taillemite a été adaptée à la mise en ligne.

Archives nationales d'outre-mer

Archives nationales Paris

Ministère de la Défense

Haudrère (Philippe), L'empire des rois 1500/1789, 1997.

DERNIÈRE MISE À JOUR LE 2015-01-07

Archives
Inventaire établi par Etienne TAILLEMITE, conservateur en chef, complété par les Archives nationales d'outre-mer
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