FONDS TERRITORIAUX

Jusqu’au début du XXe siècle, quasiment rien n’est fait pour la sauvegarde des archives locales. Si l’administration centrale attire parfois l’attention des gouverneurs sur la nécessité d’assurer la conservation et le classement des archives, peu de mesures sont prises par suite de négligence, d’insuffisance de locaux, de moyens.
En fait, la seule véritable préoccupation concerne la conservation matérielle des papiers, qui sont souvent attaqués par l’humidité et les insectes ou détruits en raison de catastrophes naturelles fréquentes (incendies, tremblements de terre, changements climatiques, cyclones).

Pendant longtemps, les colonies manquent de personnel qualifié pour s’occuper des archives. Les services sont créés tardivement : 1906 en Algérie, 1913 en Afrique occidentale française, 1919 en Indochine, 1933 à Madagascar, 1945 en Afrique équatoriale française. Les seuls liens avec la métropole sont les missions d’inspection. Beaucoup de services sont dans un état déplorable. Il était trop tard pour que les différents services d’archives qui s’étaient peu à peu constitués aient un cadre de classement uniforme. Ils offrent donc un échantillonnage complet de tous les stades d’organisation et de classement. De plus, les fonds sont souvent lacunaires.

Dans les anciennes colonies devenues départements et territoires d’outre-mer en 1946, les services des archives sont progressivement créés : en 1949 à la Martinique, en 1951 à la Guadeloupe, en 1957 à la Réunion, en 1981 à Saint-Pierre et Miquelon et 1981 en Nouvelle-Calédonie, en 1982 en Guyane.

Au moment de l’indépendance des colonies, il faut organiser les rapatriements d’archives en étudiant leur répartition entre la France et les nouveaux États. On fait alors une distinction entre les archives dites de souveraineté (gouvernements, résidences, préfectures) et les archives de gestion. C’est sur ce principe que sont établis les premiers partages d’archives. En fait, il n’existe que deux conventions normalisées : une pour le Vietnam en 1950, l’autre pour l’Inde en 1951 et 1954. Pour les autres territoires, il n’y a pas de convention ; on s’est appuyé sur ce qui existait déjà. Dans la plupart des pays, sauf pour l’Afrique occidentale française où les archives du gouvernement général sont restées sur place (Archives nationales du Sénégal), le partage est effectué selon les mêmes directives.

Sont rapatriées successivement les archives des gouverneurs et administrateurs des colonies suivantes :

  • 1951-1954 : Indochine
  • 1954 : Inde
  • 1960 : Madagascar et Afrique équatoriale française
  • 1962 : Algérie
  • 1974 : Comores
  • 1977 : territoire des Afars et des Issas (ancienne Côte française des Somalis)
  • 1980 : Nouvelles-Hébrides

Ces archives ont été stockées dans différents endroits en France avant de trouver leur place aux Archives nationales d'outre-mer à partir de 1966.

DERNIÈRE MISE À JOUR LE 2015-07-17
État général des fonds
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