ÉTAT DES FONDS

Service à compétence nationale installé à Aix-en-Provence, les Archives nationales d’outre-mer ont pour mission la conservation des archives de l’expansion coloniale française.
Héritier de trois siècles d’histoire, il conserve deux grands ensembles au passé administratif et archivistique différent : d’une part les archives des ministères qui furent chargés du XVIIe au XXe siècle de l’empire colonial français, d’autre part les archives transférées des anciennes colonies et de l’Algérie lors de leur indépendance.
Le Centre conserve aujourd’hui 38 kilomètres d’archives et accueille chaque année plus de 2000 lecteurs.

Les fonds sont complexes, car longtemps l’histoire des archives coloniales a été mouvementée. Si la présence française outre-mer date du XVIe siècle, une administration spécifique aux colonies ne voit le jour qu’en 1710 avec la création au ministère de la Marine du bureau des Colonies. C’est la conséquence de la lente spécialisation de bureaux chargés de régler les problèmes touchant l’administration et la vie des possessions outre-mer. Jusqu’en 1858, les Colonies sont rattachées à la Marine, mais les fonds sont séparés physiquement. En 1858 est créé l’éphémère ministère de l’Algérie et des Colonies. Les Colonies sont à nouveau rattachées à la Marine en 1860.
Toutefois l’idée d’une administration distincte pour les colonies voit lentement le jour. En 1881 est créé un sous-secrétariat d’Etat aux Colonies rattaché au ministère du Commerce, qui, après diverses vicissitudes, sera érigé en ministère de plein exercice le 20 mars 1894. La loi du 31 juillet 1920 donne ensuite à l’administration centrale du ministère une organisation qu’elle conserve sans changement jusqu'à sa disparition en 1960.
Les archives ont suivi les aléas de l’administration coloniale. Au XVIIIe siècle et jusqu’au milieu du XIXe siècle, elles ont été ballottées de lieux en lieux, ont changé fréquemment de bureau de rattachement, ont été traitées de manière différente par chaque archiviste.
Il faut attendre 1920 pour que naisse enfin un véritable service d’archives à Paris.
Les archives territoriales, quant à elles, ont eu pendant longtemps une existence précaire. Selon les territoires de véritables services d’archives n’ont vu le jour qu’au début du XXe siècle, voire même au milieu du XXe siècle. Se sont ajoutés à cette précarité les mauvaises conditions climatiques et de conservation, le manque de personnel qualifié, enfin les rapatriements souvent hâtifs au moment des indépendances.

Les archives de l’expansion française ne se limitent pas aux documents de l’administration ; tous les documents publics ou privés qui contribuent à éclairer son histoire peuvent être pris dans la définition de ces archives.

Ainsi le dépôt d’Aix-en-Provence est une création artificielle due aux circonstances ; les fonds conservés sont d’origine et de nature très diverses, sans unité géographique ni même administrative : archives métropolitaines et locales, archives officielles de la présence et de l’expansion française, mais aussi archives d’administrateurs, de simples particuliers, archives économiques, photographies. Fonds différents car l’administration en Inde n’est pas la même que celle de l’Algérie ou de l’Indochine, fonds incomplets puisque n’ont été rapatriées que les archives de souveraineté et non de gestion. Mais tous ces fonds montrent les aspects multiples de la présence française outre-mer, de l’occupation simple à la conquête, l’exploration, la mise en valeur, les rapports entre Français et populations locales. Le territoire couvert va des Antilles aux Mascareignes, du continent américain à l’Afrique, de l’Asie à l’Océanie.

DERNIÈRE MISE À JOUR LE 2014-12-15
État général des fonds
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