Sous-préfectures d'Algérie. Sous-préfecture de Médéa (1856-1961)

Cote de référenceFR ANOM 912/1-536
Référence Internetark:/61561/xa142pkp
Description matérielle40 mètres linéaires
OrigineVersement de la sous-préfecture de Médéa
Organisme responsable de l’accès intellectuel Archives nationales d'outre-mer
29 chemin du Moulin de Testa, 13090 Aix-en-Provence
Langue des unités documentairesfrançais

La sous-préfecture de Médéa est créée le 13 octobre 1858. L'arrondissement s'étend de l'Atlas tellien à la région des hauts plateaux algérois. Les précipitations, sous forme de pluies torrentielles copieuses et brutales, y entraînent une forte érosion ; or, la population tire ses ressources de la culture et de l'élevage. Bien que supprimé entre 1865 et 1879, l'arrondissement s'agrandit petit à petit, et passe de 4 communes en 1858 à 14 communes, 3 communes mixtes et 3 centres municipaux (en 1953). Au nombre de 4, les sociétés agricoles de prévoyance encourageaient l'agriculture.

La population est en 1948 de 218.371 habitants, sur une superficie de 14.952 mètres carrés  . La région nord, à vocation sylvo-agricole, ne comportait plus que 92.000 hectares de forêt en 1953, résultat d'une surexploitation (boisement de 28 %). La région sud était consacrée aux céréales et au mouton, avec une transhumance (achaba), une végétation présaharienne, et des massifs alfatiers.

Dès 1830, Médéa (à 920 mètres d'altitude) est occupée par les troupes du général Clauzel ; en 1843, le duc d'Aumale fait édifier le camp fortifié de Boghar, et réussit à surprendre la smala d'Abd el-Kader (sur le territoire de la commune mixte de Chellala). Érigée en commune de plein exercice en 1854, Médéa comptait 22.727 habitants en 1948, alors que Boghari en comptait 10.526 et Berrouaghia 10.073.

Les ovins, d'un type robuste et résistant dont la laine était demandée en métropole, représentaient la plus grande partie de l'élevage. L'industrie était quasi-absente à l'exception des plâtrières.

Les quatre élus à l'Assemblée algérienne (en 1953) étaient également conseillers généraux. Parmi eux, maître Farès (1911-1991), président de l'Assemblée algérienne, et président du conseil général, futur président de l'exécutif provisoire algérien d'avril à septembre 1962.

Parmi les sous-préfets successifs, on notera le tout dernier, Olivier Ricaud, en poste de novembre 1951 jusqu'en 1957.

La sous-préfecture a été transformée en préfecture par le décret du 28 juin 1956, qui justifie la création de ce département nouveau en le qualifiant de département des hauts plateaux, consacré au mouton et à l'alfa, avec quelques vignes autour de Médéa. Ce nouveau département sera constitué de trois arrondissements ; ses archives ont été inventoriées dans un autre instrument de recherche.

Le fonds est parvenu aux Archives nationales d'outre-mer lors de leur création, dans les années 1960, avec l'ensemble des fonds qui ont pu être rapatriés d'Algérie en métropole en 1961-1962.

Le grand intérêt de ce fonds de sous-préfecture est de renfermer un nombre important de dossiers dès la fin des années 1890, et ensuite de renseigner abondamment sur les années 1920, 1930, 1940.

Tout d'abord, la création des centres de colonisation dans cet arrondissement est documentée à partir de 1880.

Les dossiers informent énormément sur les "affaires indigènes" depuis 1897. Il s'agissait des activités politiques des indigènes, des débuts du nationalisme, extrêmement surveillé ; le communisme, la presse indigène, l'état d'esprit, les partis ou individus suspects, les menées wahhabites, toutes ces tendances étaient suivies par le sous-préfet, et signalées par lui au préfet d'Alger. Ce sont aussi les bulletins, notes et études du CIE (centre d'information et d'études) du département d'Alger, créé en 1935, que l'on trouve dans ce fonds depuis 1936, ainsi que des études et bulletins reçus directement du gouvernement général d'Algérie : analyse de la presse musulmane de 1936 à 1953 notamment.

Le culte musulman était organisé et suivi par l'administration depuis 1894 dans tous ses aspects, marabouts, fêtes, écoles, confréries religieuses (zaouias) - avec des rapports réguliers au sous-préfet sur les confréries de 1920 à 1955 - et influence des personnages religieux, le pélerinage à La Mecque fait l'objet de dossiers précis de 1895 à 1956.

Les partis politiques, dont le communisme et le parti du peuple algérien, sont bien documentés ainsi que les élections de 1892 à 1954.

A signaler tout particulièrement, les dossiers sur la conscription (recrutement des conscrits européens et indigènes) de 1905 à 1946.

Objet de surveillance eux aussi, les étrangers, de 1923 à 1955, surtout les réfugiés espagnols. Les camps Suzzoni et Morand, qui ont servi à héberger les réfugiés espagnols en 1939, apparaissent dans un important dossier.

Certains dossiers concernent la première guerre mondiale, notamment le recrutement de travailleurs coloniaux pour la métropole à cette époque.

La seconde guerre mondiale est évoquée par le biais des camps d'internement situés dans l'arrondissement de Médéa, et également par les questions juives, la franc-maçonnerie, la presse et la propagande, des rapports locaux très réguliers au sous-préfet (hebdomadaires ou mensuels), les prisonniers de guerre, l'épuration.

La santé est décrite dans de nombreux dossiers de 1894 à 1956. La collection des arrêtés du sous-préfet de 1935 à 1956, les dossiers de cafetiers maures (emplois réservés aux anciens combattants) , les papiers concernant le pénitencier agricole de Berrouaghia de 1913 à 1941 présentent aussi de l'intérêt. Les archives de police contiennent les rapports journaliers des commissariats de 1938 à 1956 et décrivent fréquemment la prostitution, l'ivresse et les rixes diverses qui s'ensuivaient.

Sur le plan économique enfin, la pauvreté voire la misère des indigènes, l'agriculture de 1894 à 1953, l'élevage, la lutte contre les sauterelles ou acridiens- un enjeu crucial de 1913 à 1946 - font toute la substance de ce fonds, et les problèmes très aigus de ravitaillement à partir de 1942-1943, et jusqu'en 1947 au moins, apparaissent de manière très prégnante.

Le fonds a été inventorié en 2013-2014 ; il s'arrête en 1956, puisqu'il faut se reporter ensuite aux archives de la préfecture de Médéa alors créée ; mais quelques rares dossiers, qu'il n'a pas été jugé opportun de scinder, se poursuivent jusqu'en 1961.

En application des articles L 213.1 et L 213.2 du Code du patrimoine, les documents décrits dans le présent instrument de recherche sont librement communicables, à l'exception de FR ANOM 912/47, 150, 152 et 153 : liés à des affaires portées devant les juridictions, ils seront communicables après un délai de 75 ans (et 100 ans pour FR ANOM 912/150, 152 et 153 qui concernent des mineurs).

L'article 231.3 prévoit néanmoins la possibilité d'une consultation avant l'expiration des délais prévus par l'article 213.2 : accéder au formulaire de demande de dérogation.

Autres préfectures d'Algérie

  • Monographie de l'arrondissement de Médéa (Assemblée algérienne, Alger : Imprimerie officielle, 1953).
  • Monographie de la commune de Médéa, par CORTES Léon, Alger : Imprimerie algérienne, 1909.

DERNIÈRE MISE À JOUR LE 2015-04-13

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Répertoire établi par Isabelle CHIAVASSA, conservateur en chef
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