Secrétariat d'État à la Marine - Correspondance à l'arrivée en provenance de la Martinique (1635/1815)

Cote de référenceFR ANOM C8A, C8B
Référence Internetark:/61561/zn401g720n
Description matérielle 121 articles (registres dont un carton), 8,5 m.l. et 26 articles (cartons), 3,6 m.l.
Origine Secrétariat d'État à la Marine
Organisme responsable de l’accès intellectuel Archives nationales d'outre-mer
29, chemin du moulin de Testa, 13090 AIX-EN-PROVENCE, FRANCE
Langue des unités documentairesfrançais

Les termes contenus dans les analyses de cet inventaire correspondent aux termes utilisés aux XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles par les rédacteurs des documents.

Lors des débuts de la colonisation française aux Antilles, le gouverneur général et l'intendant des îles, en résidence à la Martinique, ont autorité sur tous les établissements français dans la mer des Caraïbes, y compris la Guyane et Saint-Domingue. Les îles alors neutres, La Dominique, Saint-Vincent, Sainte-Lucie et Tobago, se peuplent peu à peu de Français préoccupés de fuir le régime fiscal des colonies royales. En 1714 est créé le gouvernement général des Îles Sous-le-Vent établi à Saint-Domingue. La Martinique devient alors siège du gouvernement général des Îles du Vent (Martinique, Guadeloupe, Grenade, Saint-Martin, Saint-Barthélemy). Un gouverneur indépendant est établi en Guadeloupe de 1763 à 1768, puis après 1775.

Le contenu de la sous-série C8 déborde donc assez largement le cadre géographique de la Martinique.

Voir Taillemite (Étienne), Les archives et les archivistes de la marine des origines à 1870

La sous-série FR ANOM COL C8A des Archives nationales d'outre-mer contient la correspondance reçue par le secrétaire d'État à la Marine en provenance de la Martinique   depuis le milieu du XVIIe siècle jusqu'à 1815.

Elle débute en 1663, mais elle est alors constituée de rares épaves : une pièce datée de 1663, une de 1664 et trois pièces pour 1669. Les archives de la Compagnie des Indes occidentales, qui administrent les îles d'Amérique jusqu'en 1674, sont en effet perdues, à l'exception de quelques bribes conservées dans la sous-série FR ANOM COL F2A 15 à 17 et des lettres ministérielles enregistrées dans la série FR ANOM COL B. Elle ne commence à s'étoffer qu'à partir de l'année 1670 et plus encore à partir de 1678, date de l'arrivée aux îles du gouverneur général Charles de Courbon-Blénac.

La sous-série contient des rapports et des mémoires adressés au secrétaire d'État à la Marine par les autorités locales de l'île : gouverneurs généraux, intendants, gouverneurs particuliers, officiers divers, lieutenants de roi, majors, capitaines, magistrats. On y trouve également quelques requêtes de particuliers, colons ou négociants.

Viennent s'ajouter à ces documents quelques autres éléments : pièces jointes aux rapports des administrateurs, peu nombreuses car trop souvent disparues ou classées dans d'autres séries, extraits de rapports rédigés à l'intention du ministre par les bureaux, souvent intéressants, des éléments de lettres perdues et des annotations de la main soit du ministre, soit des premiers commis y étant annexés  .

Quelques plans de bâtiments ou de fortifications ont été reliés ici   , mais le cas est exceptionnel, les plans ayant été en général distraits et placés dans le Dépôt des fortifications des colonies.

On trouve aussi des documents financiers ; états de dépenses, budgets, quelques copies de lettres échangées entre diverses autorités locales, ou entre celles-ci et les gouverneurs des colonies étrangères surtout anglaises, quelques déclarations ou rapports de mer déposés par des capitaines marchands, quelques actes notariés (contrats d'acquisition ou de vente d'immeubles).

A partir des dernières années du règne de Louis XIV apparaissent des statistiques économiques rendant compte du mouvement maritime et commercial des îles du Vent dans leur ensemble, mais ces statistiques ne sont hélas conservées que d'une façon assez fragmentaire et ne concernent évidemment que le commerce ‹ officiel › qui ne représente qu'une partie du commerce réel, tant était importante et active la contrebande en Martinique et en Guadeloupe. Ces états sont en général fort détaillés et indiquent, outre l'identité et la provenance du navire, un décompte précis des cargaisons embarquées et débarquées ; cependant, ces chiffres sont souvent inexacts   et doivent être utilisés avec précaution.

Après 1745, la population des îles s'accroît dans des proportions notables, les problèmes deviennent plus complexes et la société plus diversifiée. Les grands rapports d'ensemble rédigés soit en commun, soit individuellement par les gouverneurs généraux et les intendants, nombreux pendant les décennies précédentes, se raréfient et disparaissent presque totalement après 1763. L'habitude s'établit peu à peu de ne traiter qu'un sujet par lettre, dont le nombre augmente en même temps que la broutille administrative, parallèlement à l'amenuisement de l'intérêt historique des documents.

D'autres catégories de pièces apparaissent ou se multiplient en raison soit des circonstances, soit de la création d'institutions nouvelles : ainsi les lettres ou les rapports d'officiers de marine commandants les bâtiments en station ou de passage aux Iles pendant les guerres, particulièrement pendant celle d'Amérique, au cours de laquelle la Martinique servit de base logistique de la flotte.

La Chambre mi-partie de Commerce et d'Agriculture, créée en 1759, n'a laissé ici que relativement peu de traces, l'essentiel ayant été prélevé par Moreau de Saint-Mery   . Il n'en est pas de même de l'Assemblée coloniale, instituée en 1788, dont les procès-verbaux sont intégralement conservés. C'est cependant à partir de 1789 que la nature des pièces évolue le plus : délibérations des comités et assemblées, adresses et proclamations, procès-verbaux de réunions diverses, correspondances intérieures échangées entre les autorités anciennes et nouvelles ou entre les factions qui déchiraient l'île, textes législatifs, etc., envahissent les registres. Les pièces imprimées deviennent plus nombreuses. Outre quelques exemplaires épars de la Gazette de la Martinique, on trouvera la collection presque complète des premiers numéros de la Feuille officielle de la Martinique, organe gouvernemental dont le premier numéro parut le 1er avril 1807   .

Classée et reliée sous le Second Empire, cette sous-série a souffert d'une absence de rigueur et d'une méconnaissance de l'histoire coloniale : le classement chronologique adopté n'est souvent qu'approximatif, surtout dans les premiers volumes où règnent désordre et chevauchements. Dans le corps de chaque volume, les pièces sont en principe classées dans l'ordre suivant : lettres communes du gouverneur général et de l'intendant, lettres du gouverneur général, de l'intendant, des officiers, des particuliers, documents divers (états de dépenses, etc.). Les pièces jointes n'ont pas toujours été laissées à la suite de leurs lettres d'envoi.

Il faut également signaler de nombreuses anomalies : quelques minutes de lettres au départ adressées par le ministre aux administrateurs ont été placées ici   , ainsi que des documents aberrants, comme une lettre de Mathieu de Gouttins, commissaire en Acadie, venue échouer dans FR ANOM COL C8A 17. Dans FR ANOM COL C8A 8, on a placé au milieu de lettres de Le Correur de Mareuil trois documents signés d'un autre Mareuil, sous-lieutenant d'artillerie, qui n'ont rien à voir avec la Martinique puisqu'elles concernent la défense de Belle-Isle en 1694, et dans FR ANOM COL C8A 24 au folio 375 un mémoire daté du 18 juin 1718 d'un gentilhomme du Poitou sur la levée de la taille dans l'élection de Niort.

Plus grave encore, en raison des vicissitudes diverses subies aux XVIIIe et XIXe siècles par les archives de la Marine, cette sous-série est extrêmement incomplète dans son état actuel. Nombre de pièces ont été perdues, d'autres ont été ‹ empruntées ›, en particulier par Moreau de Saint-Méry et se retrouvent aujourd'hui dans la sous-série FR ANOM COL F3.

Enfin, au cours du classement qui a précédé la reliure, de nombreux documents ont été oubliés. Mis par la suite en cartons, ils constituent la sous-série FR ANOM COL C8B qui complète FR ANOM COL C8A. Certains documents ont été aussi classés ailleurs, dans des dossiers individuels d'officiers (série E) et dans les diverses sections des séries D et F, etc.

Reconstituer ce qui reste de la correspondance reçue de la Martinique est donc un travail minutieux et complexe. Comme on pourra le constater en parcourant l'inventaire ci-dessous, la collection des lettres communes ou particulières des gouverneurs généraux et intendants est déparée par des lacunes d'une importance variable avec les années et difficile à estimer avant 1743 en l'absence de toute numérotation, mais les allusions à des pièces disparues sont nombreuses. En 1743, les lettres communes sont numérotées, ce qui permet de constater que sur 97 connues, il en manque 35 ; quant aux lettres particulières de l'intendant, il en subsiste 3 sur 80 écrites avant le 18 octobre et toute la fin de l'année a disparu.

Sauf indication contraire, toutes les lettres sont adressées au secrétaire d'État à la Marine et datées de la Martinique. Le lieu de départ n'est signalé que lorsqu'il est extérieur à l'île. Lorsque les lettres sont numérotées, il a paru pertinent de mentionner ce numéro.

Le plan de classement suit la chronologie des administrations successives.

Taillemite (Etienne), Inventaire de la série Colonie C8A, tome 1 (articles 1 à 55), 1967, 654 p.

Taillemite (Etienne), Inventaire de la série Colonie C8A, tome 2 (articles 56 à 121), 1971, 710 p.

Taillemite (Etienne), Krakovitch (Odile), Bimbenet (Michèle), Inventaire de la série Colonie C8 Martinique (articles Colonies C8B 1 à 27 et index), 1984, 505 p.

L'introduction d'Etienne Taillemite a été adaptée à la mise en ligne.

Les notices biographiques de certains gouverneurs sont accessibles par la Base nominative Personnes et familles.

Archives nationales d'outre-mer

Archives nationales Paris

DERNIÈRE MISE À JOUR LE 2015-01-07

Archives
Inventaire établi par Etienne Taillemite, Odile Krakovitch et Michèle Bimbenet, conservateurs, révisé par les Archives nationales d'outre-mer
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